L’économiste Kesner Pharel
Cap-Haïtien, le 30 avril 2026.- L’économiste Kesner Pharel a dressé un constat alarmant sur la situation du Cap-Haïtien, à l’émission Panel Magik, ce jeudi 30 avril. Entre explosion démographique, urbanisation anarchique et faibles investissements publics, il appelle à des réformes structurelles et à des mécanismes innovants de financement, notamment à l’issue de la 15e édition du Sommet international de la finance.
Lors de son intervention, Kesner Pharel a mis en lumière la pression croissante sur le Cap-Haïtien, dont la population est passée d’environ 50 000 habitants dans les années 1970 à près de 400 000 aujourd’hui, concentrés sur seulement 54 km². Cette densité élevée, dépassant les 5 000 habitants au km², s’accompagne d’une urbanisation mal maîtrisée, aggravant les risques d’inondations et de dégradation des infrastructures, comme l’ont illustré les récentes pluies dans la ville.
L’économiste souligne également le manque criant de moyens financiers alloués à la commune. Sur le budget national, seuls quelques projets sont destinés au Cap-Haïtien, pour un montant inférieur à 25 millions de dollars américains. Une enveloppe jugée insuffisante face à l’ampleur des défis liés à l’assainissement, à l’eau potable ou encore aux infrastructures sanitaires.
Face à cette situation, il plaide pour des solutions innovantes comme les bons municipaux, tout en insistant sur la nécessité de renforcer le cadre légal, la transparence et la gouvernance locale pour restaurer la confiance des investisseurs. Selon lui, sans discipline budgétaire, reddition de comptes et professionnalisation des administrations communales, ces mécanismes resteront inefficaces.
Au-delà du cas du Cap-Haïtien, Kesner Pharel appelle à une refondation territoriale du pays, avec une meilleure répartition des ressources et la création de pôles régionaux de développement. Une démarche essentielle pour freiner la concentration urbaine et relancer une croissance économique plus équilibrée.
W. A.





















