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Haïti : 390 vies perdues en deux mois dans des violences de gangs, une crise humaine qui s’aggrave à Cité Soleil et Croix-des-Bouquets

©️photo : AP

Port-au-Prince, le 21 mai 2026.- Entre le 6 mars et le 16 mai 2026, Haïti a été frappée par une vague de violences particulièrement meurtrière dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Selon l’Organisation des Nations unies, au moins 390 personnes ont été tuées à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets lors d’affrontements entre gangs. Ces violences ont forcé plus de 10 000 habitants à fuir leur domicile et ont aggravé une situation humanitaire déjà extrêmement fragile.

Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des familles déplacées et des quartiers entiers plongés dans la peur. Les affrontements entre groupes armés, liés à des luttes pour le contrôle territorial, ont transformé certaines zones de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets en espaces de survie permanente. Des habitants ont été tués chez eux, d’autres en tentant de fuir les tirs croisés, tandis que plusieurs auraient été pris pour cible sur fond de suspicion de collaboration avec des gangs rivaux.

La violence ne s’est pas limitée aux pertes humaines. Selon l’ONU, 87 maisons et bâtiments publics ont été incendiés, détruisant des repères essentiels pour les communautés déjà fragilisées. Ces attaques ont paralysé des services vitaux, notamment les soins de santé, les écoles et les activités économiques locales, plongeant des quartiers entiers dans une précarité encore plus profonde.

Dans le même temps, la crise humanitaire prend de l’ampleur. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que plus de 10 000 personnes ont été déplacées en quelques jours seulement. La majorité d’entre elles vivent aujourd’hui dans des sites d’accueil surchargés ou chez des familles déjà elles-mêmes en difficulté. Sur le plan sanitaire, la situation est critique : à peine 11 % des structures hospitalières fonctionnent encore pleinement dans la région métropolitaine, laissant des milliers de personnes sans accès adéquat aux soins.

W. A.