Accueil Politique Élections : confusion autour de l’article 139 du décret électoral

Élections : confusion autour de l’article 139 du décret électoral

 

Port-au-Prince, le 14 mai 2026.- À quelques jours de l’adoption annoncée du décret électoral, une contradiction éclate au sein du gouvernement de transition. Alors que le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé défend publiquement l’article 139 imposant 30 000 adhérents aux partis politiques pour participer aux élections, le secrétaire d’État à la Communication Patrick Crispin affirme, lui, que cette disposition sera retirée afin de préserver « l’inclusion » du processus électoral. Deux discours opposés qui soulèvent des interrogations sur la direction réelle prise par l’exécutif à quelques mois des scrutins annoncés.

Le climat politique se tend autour du futur décret électoral. En entretien avec Le Nouvelliste le 9 mai dernier, le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé a assuré que le texte serait adopté « la semaine prochaine » en Conseil des ministres.

Au cœur des débats : l’article 139 du projet de décret électoral, qui exige des partis politiques une liste de 30 000 membres, adhérents ou sympathisants pour pouvoir présenter des candidats aux prochaines élections.

Pour le chef du gouvernement, cette mesure vise à réduire la prolifération des partis sans véritable base populaire. Selon lui, il est nécessaire de démontrer une représentation minimale avant d’être autorisé à figurer sur les bulletins de vote. Il estime même que le seuil de 30 000 membres pourrait être « trop bas ».

« Avoir trop de choix n’est pas nécessairement ce qu’il faudrait », a déclaré le Premier ministre, plaidant pour des élections présidentielles limitées à une dizaine ou une quinzaine de candidats sérieux.

Mais coup de théâtre le lundi 11 mai. Intervenant sur les ondes de Radio Métropole, le secrétaire d’État à la Communication Patrick Crispin a pris le contre-pied du chef du gouvernement en annonçant le retrait de l’article 139. Selon lui, cette décision vise à « garantir l’inclusion et maintenir la dynamique électorale ».

Cette contradiction publique révèle des divergences évidentes au sein de l’exécutif sur l’organisation des prochaines élections. Entre volonté de restructurer le paysage politique et nécessité d’assurer une participation large, le débat autour de l’article 139 devient déjà l’un des premiers grands affrontements politiques du processus électoral de 2026.

W. A.