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Trois décennies de la PNH : sécurité en débat à la table sectorielle du CARDH

©️Stéphane Daïley Lubin

Pétion-Ville, le 27 juin 2025.- À l’occasion des trente ans de la Police Nationale d’Haïti (PNH), le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a organisé, ce vendredi, à l’hôtel Kinam, la 3e conférence de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) autour du thème « Trois décennies de la Police Nationale d’Haïti : défis, réalisations et perspectives ». Cette rencontre a réuni des représentants de la société civile, des autorités policières, des hauts dignitaires de l’État et des partenaires internationaux, pour évaluer le parcours de l’Institution Policière, ses limites structurelles et les moyens d’un renouveau face à la crise sécuritaire actuelle.

Trente ans après la création de la Police Nationale d’Haïti, le bilan reste contrasté. C’est pour revisiter cette trajectoire institutionnelle que le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a organisé cette activité, ce vendredi, à l’hôtel Kinam, sur la place Saint-Pierre, dont l’objectif est d’ouvrir la voie à un dialogue franc entre les divers acteurs concernés par la question sécuritaire.

Dans son mot d’ouverture, Me Gédéon Jean, directeur exécutif du CARDH, a rappelé que cette initiative visait à offrir un espace de discussions sur les performances de la PNH, les difficultés rencontrées dans l’exercice de sa mission, mais aussi sur les pistes de solution pour renforcer cette institution stratégique dans un contexte d’effondrement de l’ordre public.

Le Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, représenté par son directeur de cabinet Me Axène Joseph, a livré un discours fort en symboles, soulignant que la sécurité demeure un défi central pour l’avenir du pays. « Cette institution, qui avait été créée pour rompre avec la tradition répressive d’antan, fait aujourd’hui face à une criminalité endémique, alimentée par des gangs lourdement armés, avec une logistique et des effectifs affaiblis », a reconnu le chef du gouvernement dans son message.

Le chef de cabinet du Premier Ministre

Il a toutefois tenu à souligner les efforts du gouvernement pour réaffirmer stratégiquement la PNH, améliorer les conditions de travail des policiers et renforcer les capacités de l’Institution. Il a salué « ces héros de l’ombre », hommes et femmes en uniforme, qui s’exposent quotidiennement pour assurer la sécurité des citoyens.

Pour répondre aux défis actuels, le Premier ministre a esquissé une vision articulée autour de plusieurs axes :

a) La professionnalisation de la PNH, à l’abri des influences politiques ;

b) Le renforcement de la formation, de l’éthique et de la discipline ;

c) La refonte de la chaîne pénale, trop souvent synonyme d’impunité ;

d) L’augmentation des ressources allouées à la sécurité ;

d) Et une participation citoyenne accrue dans la gouvernance sécuritaire.

« La sécurité est aujourd’hui une condition existentielle pour Haïti. Sans elle, il n’y aura ni élections crédibles, ni relance économique, ni avenir pour notre jeunesse », a martelé le chef du CSPN.

Si les critiques n’ont pas manqué sur le laxisme et les failles du système, un consensus s’est dégagé : la réforme de la PNH est une urgence nationale, qui ne saurait se faire sans une volonté politique ferme et un engagement de tous les secteurs.

Au-delà des constats, cette table sectorielle apparaît comme un appel collectif à une refondation de l’Institution Policière et à un nouveau pacte sécuritaire, au service du droit à la vie, de la dignité humaine et du développement d’Haïti.

W.A.