©️Le Devoir
Washington, le 31 juillet 2025.- Après la France et le Royaume-Uni, le Canada annonce à son tour son intention de reconnaître l’État de Palestine lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre 2025 à New York. Une décision qualifiée d’« historique » par l’Autorité palestinienne, mais vivement condamnée par Israël, qui y voit une manœuvre politique renforçant le Hamas.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a officiellement annoncé, mercredi 30 juillet, à Ottawa, que son pays envisage de reconnaître unilatéralement l’État de Palestine en septembre 2025, à l’occasion de la prochaine Assemblée générale des Nations unies. « Le Canada a l’intention de reconnaître l’État de la Palestine lors de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Jusqu’à présent, le Canada soutenait une solution à deux États, mais uniquement dans le cadre d’un accord bilatéral négocié avec Israël. Ce revirement marque donc une inflexion majeure de la diplomatie canadienne. Carney a justifié cette prise de position par la dégradation dramatique de la situation humanitaire à Gaza, qu’il juge « intolérable ». Selon lui, cette reconnaissance est un pas « nécessaire pour préserver l’espoir » d’une paix durable au Proche-Orient.
Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs puissances occidentales, dont la France et le Royaume-Uni, ont récemment affiché des intentions similaires. Une dynamique saluée par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui qualifie la décision canadienne de « courageuse » et susceptible de « renforcer la paix, la stabilité et la sécurité dans la région ».
En revanche, Israël a rapidement réagi en dénonçant une initiative « dangereuse ». Dans un communiqué virulent, l’ambassade israélienne à Ottawa accuse le Canada de participer à une « campagne de pression internationale déformée » et estime qu’une telle reconnaissance, « en l’absence d’un leadership palestinien crédible », ne ferait que « légitimer la barbarie du Hamas ».
Du côté européen, la France a félicité le Canada pour cette prise de position. L’Élysée a salué « une décision alignée avec l’esprit de paix » et assuré vouloir collaborer étroitement avec Ottawa pour élargir cette initiative diplomatique à d’autres nations lors du prochain sommet onusien.
L’Assemblée générale de septembre s’annonce donc comme un moment diplomatique clé pour la cause palestinienne sur la scène internationale, dans un climat toujours tendu entre espoirs de reconnaissance et craintes d’escalade.
W. A.
























