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Konpa, éducation et industrie musicale : Joël Widmaier et Fabrice Rouzier tracent la voie d’un renouveau culturel durable

Les musiciens Joël Widmaier et Fabrice Rouzier

Port-au-Prince, le 24 juillet 2025.- Joël Widmaier salue les avancées récentes du Konpa et plaide pour une régularisation professionnelle de l’industrie musicale haïtienne, tandis que Fabrice Rouzier insiste sur la préservation de la mémoire du genre à travers les médias. Tous deux, figures incontournables, s’engagent aussi dans la transmission aux jeunes générations, notamment via un protocole signé entre la Fondation Haïti Jazz et l’État haïtien pour intégrer l’éducation artistique dans les écoles.

Dans un contexte où la musique haïtienne cherche à consolider son identité tout en se renouvelant, deux grands noms du paysage culturel, Joël Widmaier et Fabrice Rouzier, livrent leur vision de l’avenir du Konpa et de son industrie.

Pour Joël Widmaier, le Konpa vit « un bon moment », notamment grâce à des innovations récentes, dont l’intégration croissante des femmes sur scène. Toutefois, le batteur-chanteur du légendaire groupe Zèklè estime que des réformes urgentes s’imposent :
« Il faut régulariser l’industrie musicale haïtienne, la structurer comme ailleurs dans le monde. Les promoteurs doivent respecter les artistes, et les artistes doivent, eux aussi, respecter le public. »

De son côté, Fabrice Rouzier, fondateur de Mizik Mizik, producteur et pilier du Compas de la Nouvelle Génération, insiste sur l’importance de sauvegarder la mémoire musicale du pays.
« La presse a un rôle à jouer. Il faut raconter l’histoire du Konpa, pas juste faire danser les jeunes, mais leur apprendre aussi d’où vient cette musique », plaide celui qui a contribué à plus de 300 albums.

*La musique comme outil pédagogique*

Le 10 janvier 2024, Joël Widmaier, via la Fondation Haïti Jazz, a signé un protocole d’entente historique avec le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). Objectif : intégrer l’Éducation Artistique et Esthétique (EEA) dans les écoles comme matière obligatoire et évaluée aux examens officiels.

Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre :

Ateliers « Jazz pou timoun » lors du PAP JAZZ 2024, mêlant musique, arts plastiques et recyclage ;

Scène Découverte pour jeunes artistes au Centre Culturel Caraïbes ;

Ateliers scolaires dès mars 2024, visant à initier les élèves à l’appréciation musicale et aux métiers du spectacle.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté claire de transmettre un héritage culturel, mais aussi de former aux disciplines transversales par la musique : mathématiques, lecture, sciences.

Deux visions, une même mission : construire une industrie musicale pérenne, inclusive, et profondément enracinée dans l’identité haïtienne.

W. A.