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Jocelerme Privert opte pour la tenue des élections sans amendement constitutionnel

©️Le Nouvelliste

 

Port-au-Prince, le 28 juillet 2025.- L’ancien président provisoire Jocelerme Privert appelle à la tenue des élections avant le 7 février 2026 sans passer par un amendement ou un référendum constitutionnel. Il met en garde contre le risque de chaos en cas de retard et plaide pour une approche pragmatique, privilégiant l’élection présidentielle comme point de départ du processus électoral.

 

Invité à l’émission Panel Magik 9, ce lundi 28 juillet, l’ancien président provisoire Jocelerme Privert a exprimé de vives préoccupations concernant l’avenir institutionnel du pays, alors que l’échéance du 7 février 2026 approche sans garanties électorales claires. Selon lui, il est encore temps d’éviter le vide politique, mais l’heure est grave : « J’ai confié à l’ancien Premier ministre Ariel Henry que s’il n’organisait pas d’élections entre 12 et 18 mois, l’alternative serait le chaos et l’anarchie. Et maintenant, nous y sommes. »

 

Soulignant l’urgence d’organiser les scrutins dans les délais, Privert estime que malgré les défis logistiques et sécuritaires, le processus reste possible à condition qu’il y ait une réelle volonté politique. Il rappelle que lors des trois dernières transitions, une moyenne de sept mois a été nécessaire pour organiser des élections, un délai encore envisageable.

 

Cependant, il s’oppose fermement à l’idée de conditionner les élections à un amendement constitutionnel ou à un référendum. « Il n’y a pas d’urgence pour un amendement constitutionnel, les élections peuvent avoir lieu sans le référendum », a-t-il tranché. À ses yeux, ce débat devrait être laissé aux futurs élus, qui auront la légitimité nécessaire pour mener une réforme de la Constitution.

 

L’ancien président met aussi en garde contre les dangers d’un projet constitutionnel imposé : « Ce projet, s’il est imposé à la population, sera source d’instabilité politique, voire d’un retour au vieux démon de la dictature. » Il affirme que les expériences passées montrent que les initiatives unilatérales en matière constitutionnelle ont souvent aggravé les crises politiques.

 

Concernant le calendrier électoral, Privert considère comme « opportune » et « acceptable » l’idée de débuter par l’élection présidentielle. « Rien n’empêche que l’élection présidentielle se termine avant le 7 février 2026 et que, simultanément, les législatives soient en cours pour s’achever après l’installation du président », a-t-il proposé, insistant encore une fois sur l’importance de la volonté politique.

 

W. A.