Port-au-Prince, le 14 mars 2026.- À l’occasion de la Semaine mondiale du rein, le néphrologue Audie Métayer, invité à l’émission Panel Magik sur Radio Magik9 13 mars, a appelé la population haïtienne à renforcer la prévention et le dépistage des maladies rénales. Souvent silencieuse, l’insuffisance rénale est généralement liée à des pathologies comme l’hypertension, le diabète ou certaines infections.
Selon le spécialiste, l’insuffisance rénale n’apparaît généralement pas de manière soudaine. Elle résulte le plus souvent de l’évolution progressive de maladies qui endommagent les reins au fil du temps.
Parmi les causes les plus fréquentes figurent l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité. D’autres maladies, comme certaines infections, notamment l’hépatite ou la leptospirose, peuvent également affecter les reins. Des complications peuvent aussi survenir chez des personnes vivant avec le VIH ou atteintes d’anémie falciforme.
Le médecin rappelle également que des facteurs comme les infections urinaires, les calculs rénaux, les kystes, les traumatismes ou certaines malformations congénitales peuvent conduire à une dégradation de la fonction rénale.
Des signes qui apparaissent tardivement
L’une des particularités des maladies rénales est leur évolution silencieuse. Pendant plusieurs années, une personne peut vivre avec une atteinte rénale sans présenter de symptômes.
Lorsque la maladie devient plus avancée, certains signes peuvent apparaître : œdèmes (gonflement du corps), vertiges, maux de tête, vomissements, perte d’appétit ou hypertension artérielle. L’anémie peut aussi être un indicateur, les reins jouant un rôle dans la production du sang.
Lorsque la fonction rénale chute à environ 10 %, les reins ne peuvent plus assurer leur rôle, obligeant alors le patient à recourir à la dialyse, explique le spécialiste.
L’environnement aussi pointé du doigt
Lors de cette édition de la Semaine mondiale du rein, l’accent a été mis sur l’impact de l’environnement sur la santé rénale. Selon le Dr Métayer, certaines substances présentes dans l’air ou dans l’eau peuvent contribuer au développement de maladies rénales.
Il cite notamment la composition de l’eau consommée en Haïti, souvent riche en calcium, pouvant favoriser l’apparition de calculs rénaux, communément appelés « pyè nan ren ».
Prévention et dépistage recommandés
Face à ces risques, le spécialiste insiste sur l’importance du dépistage, en particulier pour les personnes souffrant d’hypertension ou de diabète. Il recommande également de contrôler régulièrement la fonction des reins à partir de 40 ans à l’aide d’examens sanguins.
Pour préserver la santé rénale, il conseille d’adopter certaines habitudes : boire environ deux litres d’eau par jour, pratiquer une activité physique régulière et limiter la consommation de sel, de sucre et d’alcool.
Un défi pour le système de santé haïtien
Le Dr Métayer souligne enfin que la prise en charge de l’insuffisance rénale reste un défi majeur en Haïti, en raison du nombre limité de centres de dialyse et de spécialistes.
Il plaide pour la création de nouveaux centres de dialyse dans les hôpitaux publics, ainsi que pour une collaboration entre l’État et les institutions spécialisées afin de former davantage de néphrologues. Il rappelle également que la greffe rénale demeure le seul traitement définitif, la dialyse n’étant qu’un traitement de suppléance.
W. A.

























