Port-au-Prince, le 9 avril 2026.- Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités haïtiennes ont bouclé la troisième revue du programme de référence. Toutes les cibles ont été atteintes fin 2025, mais l’économie reste fragilisée par l’insécurité, la crise politique et la hausse des prix du pétrole.
Le FMI a annoncé, le 6 avril 2026, la fin d’une mission à distance menée du 23 mars au 1er avril, dans le cadre de la troisième évaluation du programme économique suivi avec Haïti.
Les résultats sont globalement positifs. À fin décembre 2025, toutes les cibles fixées ont été respectées : augmentation des réserves internationales, maîtrise du déficit budgétaire, amélioration des recettes publiques et maintien des dépenses sociales. Le financement monétaire est également resté sous contrôle.
Malgré ces performances, la situation économique du pays demeure préoccupante. Haïti enregistre une contraction de son produit intérieur brut (PIB) pour la septième année consécutive. L’inflation a ralenti ces derniers mois, mais reste élevée à plus de 22 %. Dans le même temps, l’activité économique continue d’être pénalisée par l’insécurité persistante et l’instabilité politique.
La hausse des prix du pétrole sur le marché international accentue les pressions sur les finances publiques, en augmentant notamment le coût des importations et des subventions. À cela s’ajoutent les effets des catastrophes naturelles récentes et les incertitudes liées au contexte politique.
Le FMI souligne toutefois que les réserves internationales restent à un niveau jugé confortable, ce qui permet au pays de faire face à certains chocs. L’institution recommande aux autorités d’utiliser ces marges de manœuvre avec prudence afin de soutenir les populations les plus vulnérables et préserver la stabilité économique.
Le gouvernement haïtien a réaffirmé son engagement à poursuivre les réformes, notamment en matière de gouvernance, de transparence et de mobilisation des recettes fiscales. Il a également demandé la prolongation du programme jusqu’en juin 2027, afin de consolider les acquis et maintenir le cap des réformes.
Le FMI insiste enfin sur l’urgence de renforcer la gestion des finances publiques, d’améliorer l’efficacité des dépenses et de poursuivre les efforts pour stabiliser l’économie dans un contexte toujours très incertain.
W. A.
