Accueil Economie Haïti : la CSCCA dresse un bilan sévère de l’exécution budgétaire 2024-2025

Haïti : la CSCCA dresse un bilan sévère de l’exécution budgétaire 2024-2025

 

Port-au-Prince, le 3 décembre 2025 – Dans un contexte économique et sécuritaire fragile, la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) a publié, le mardi 2 décembre 2025, son premier rapport d’exécution budgétaire pour l’exercice 2024-2025. Couvrant la période du 1er octobre 2024 au 31 mars 2025, le document de 22 pages propose un état des lieux de la mobilisation des ressources, de l’exécution des dépenses et des défis structurels de la gestion des finances publiques.

Au 31 mars 2025, les ressources mobilisées s’élèvent à un peu plus de 120 milliards de gourdes, soit 37 % des prévisions de la loi de finances. Les recettes domestiques constituent l’essentiel des ressources, avec près de 98 milliards de gourdes issus des contributions internes, des droits de douane et des recettes pétrolières. Les financements extérieurs demeurent limités, autour de 22 milliards de gourdes, principalement en provenance de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement (BID).

S’agissant des dépenses, la CSCCA indique que 101,82 milliards de gourdes ont été exécutés, représentant 31,48 % des crédits votés. Les dépenses courantes absorbent la plus grande part, tandis que les dépenses en capital restent faibles. L’institution attribue cette contreperformance à l’insécurité, aux lenteurs administratives, à la faible capacité d’absorption des institutions publiques et aux retards dans les procédures de passation des marchés. Des incohérences dans la classification des dépenses et des dossiers incomplets ont également été relevées.

Face à ces constats, la CSCCA recommande un meilleur respect de la Loi du 4 mai 2016 sur les finances publiques, le renforcement du contrôle interne et du recouvrement des recettes, l’accélération des négociations avec les partenaires financiers et un rééquilibrage entre dépenses courantes et investissements publics. Ce premier rapport s’impose comme un signal d’alerte et confirme le rôle central de la CSCCA dans la promotion de la transparence et de la discipline budgétaire en Haïti.

R. J.