Accueil Politique Corruption en Haïti : une feuille de route pour forcer le changement

Corruption en Haïti : une feuille de route pour forcer le changement

Le Directeur exécutif de l’Ensemble Contre la Corruption, M. Édouard Paultre

Port-au-Prince, le 16 décembre 2025.- Une plateforme multi-acteurs pilotée par Ensemble contre la corruption (ECC) présentera, le mercredi 17 décembre, une feuille de route issue de plusieurs mois de concertation sous l’égide du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Fondé sur les conventions internationales ratifiées par Haïti, le document propose une vingtaine de mesures visant à renforcer la transparence, la redevabilité et l’éthique publique, avec l’ambition d’un arrêté présidentiel pour garantir son application.

Selon le Directeur exécutif de l’Ensemble Contre la Corruption, M. Édouard Paultre, dans un entretien accordé à la radio Magik 9 le lundi 15 décembre, la société civile haïtienne tente de passer à l’offensive contre la corruption. Sous la coordination d’Ensemble contre la corruption (ECC), une nouvelle feuille de route sera officiellement lancée le mercredi 17 décembre 2025. Le document est le fruit d’un travail collaboratif réunissant des institutions publiques clés: MEF, ULCC, UCREF, IGF et plusieurs organisations de la société civile, dont Nègès Mawon, Nou pap dòmi et le RNDDH.

Structurée autour de cinq axes prioritaires, transparence publique, redevabilité, participation citoyenne, efficacité des dépenses publiques et éthique publique la feuille de route regroupe une vingtaine de propositions concrètes. Ces orientations ont été discutées au sein de commissions thématiques et lors de panels organisés à travers le pays, afin d’assurer une démarche inclusive.

Pour Édouard Paultre, secrétaire d’ECC, l’initiative répond à une obligation juridique claire : aligner la législation nationale sur la Convention interaméricaine contre la corruption (1997) et la Convention des Nations unies contre la corruption (2003), toutes deux ratifiées par Haïti. L’enjeu est d’imposer une gouvernance plus responsable, où les ordonnateurs rendent compte à la fois aux organes de contrôle, IGF, CSCCA et directement à la population.

Reste la question décisive de l’application. ECC plaide pour l’adoption d’un arrêté présidentiel, présenté comme un test majeur pour le Conseil présidentiel de transition (CPT). Conscient des résistances possibles dans un contexte marqué par des scandales de corruption, Édouard Paultre affirme que la pression sera collective, mobilisant société civile, institutions publiques et partenaires internationaux pour transformer ce document en outil effectif de réforme.

W. A.