©️W.A.
Port-au-Prince, le 8 juillet 2025.- Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, les organisateurs du Congrès Patriotique pour le Sauvetage d’Haïti ont présenté les conclusions et résolutions issues d’un vaste processus de consultation nationale et universitaire. Pilotée par un réseau de 15 universités, la démarche ambitionne de placer la science, la gouvernance éthique et la sécurité au cœur du renouveau haïtien. Le Dr Evens Emmanuel, Vice-Recteur à la Recherche et à l’Innovation à l’Université Quisqueya (VIRRI-UniQ), insiste sur l’urgence d’intégrer le savoir scientifique dans l’élaboration des politiques publiques.
Face à l’effondrement généralisé de l’État haïtien, un groupe d’universitaires, de représentants d’organisations de la société civile et de la diaspora se sont rassemblés autour d’un même objectif : sauver Haïti par une mobilisation nationale éclairée par la science et la raison. Cette ambition a pris corps à travers le Congrès Patriotique pour le Sauvetage d’Haïti, un processus initié le 15 mars 2025 et couronné par l’adoption d’une déclaration majeure et de résolutions concrètes.
Ce congrès est l’aboutissement de 11 rencontres préparatoires, tenues dans les dix départements du pays et au sein de la diaspora haïtienne. Plus de 60 rapports ont été produits, articulés autour de trois axes stratégiques : la sécurité, la transition politique et électorale, et la gouvernance.
Le Dr Marc Prou, Coordonnateur général du Congrès, a présenté cette initiative comme un congrès universitaire à visée politique, fondé sur l’éthique, la moralité et l’expertise. Il insiste sur l’impératif de repenser la politique à partir des données issues de la recherche scientifique.

Quand la science devient levier de transformation
Prenant la parole en tant que président du comité scientifique du Congrès, le Dr Evens Emmanuel, Vice-Recteur à la Recherche et à l’Innovation à l’Université Quisqueya et directeur de l’École Doctorale « Société et Environnement », a livré un plaidoyer appuyé :
« Il est temps que la science cesse d’être marginalisée dans les processus décisionnels en Haïti. La première réponse à la corruption, c’est le financement de la recherche. »
Selon lui, l’absence de données fiables, l’absence de modélisation des politiques publiques, et le déclin des institutions académiques dans l’espace politique sont des obstacles majeurs au développement durable. En insistant sur la contribution des universités, le Dr Emmanuel prône un retour à l’intelligence collective comme condition de sortie de crise.

Un appel citoyen à la mobilisation générale
À travers sa Déclaration du 27 mars 2025, le Congrès patriotique dénonce un pays livré aux gangs, à la corruption et à l’inaction politique. Il appelle à reprendre collectivement le contrôle du destin national, dans une dynamique d’union entre citoyens de toutes origines et conditions.
Trois objectifs prioritaires ont été fixés :
1. Sécurité d’abord : désarmement, reconquête territoriale, relance économique;
2. Fin des transitions à répétition : élections libres, rejet des manipulations;
3. Refonte de la gouvernance : bâtir un État de droit débarrassé des mafias et des clientélismes.
Des résolutions pour garantir la continuité
Trois grandes résolutions ont été adoptées :
Maintenir la mobilisation patriotique, en poursuivant le dialogue avec tous les secteurs;
Créer un comité de suivi, composé d’universitaires et de représentants d’organisations signataires, chargé de veiller à l’application des recommandations;
Mettre en place un Groupe de Réflexion Universitaire sur Haïti, pour coordonner les travaux de recherche, former les dirigeants et contribuer à des politiques fondées sur des données probantes.
Ce congrès marque une tentative sérieuse de rupture avec les pratiques politiques anciennes, en plaçant le savoir et la science au centre des préoccupations nationales.
Reste à savoir si les acteurs politiques et les autorités haïtiennes sauront saisir cette opportunité historique pour ouvrir une nouvelle page de l’histoire nationale.
W.A.



























