Le nouveau DG a.i. de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison•©️Stéphane Daïley Lubin
Port-au-Prince, le 8 août 2025.- Après avoir promis de « neutraliser » les gangs armés et de récupérer les « territoires perdus », Rameau Normil cède déjà son fauteuil de directeur général a.i. de la Police Nationale d’Haïti. André Jonas Vladimir Paraison, ancien coordonnateur de la sécurité du Palais national, est installé ce vendredi 8 août lors d’une cérémonie tenue à la Villa d’accueil. Ce remplacement, longtemps murmuré et soutenu par certains membres du pouvoir, intervient dans un contexte sécuritaire toujours plus alarmant.
Lors de son installation, le 21 juin 2024, Rameau Normil s’était affiché confiant, affirmant que « la force de la loi réduira en silence l’arrogance et la terreur des gangs armés ». Face à une capitale contrôlée à 80 % par des groupes criminels, il assurait vouloir « redonner l’espoir d’une vie normale » à la population. Sa stratégie reposait sur trois piliers : des hommes, des moyens et une mission.
Pourtant, malgré l’intégration de nouveaux policiers et l’annonce d’opérations conjointes avec la Mission Multinationale de soutien à la Sécurité (MMS), la situation s’est encore détériorée. Plusieurs zones comme l’avenue Christophe, Pacot, Babiole, Kenscoff, Delmas 19 ou encore Mirebalais sont aujourd’hui considérées comme des « territoires perdus », où la présence de gangs rend tout déplacement risqué, voire impossible.
Lors de son premier point de presse, le 8 juillet 2024, Normil Rameau avait promis que « le temps des territoires perdus doit être révolu ». Mais ces engagements sont restés lettre morte, la mission annoncée demeurant « fantôme ».
Le changement à la tête de la PNH, acté lors du premier Conseil des ministres dirigé par le nouveau coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, traduit l’impatience du pouvoir face à un bilan stagnant. Jonas Vladimir Paraison, désormais directeur général a.i., hérite d’une institution en crise et d’un pays où la reconquête du territoire national reste un défi colossal.
W. A.































