Accueil Diplomatie André François Giroux quitte Haïti avec le sentiment du devoir accompli

André François Giroux quitte Haïti avec le sentiment du devoir accompli

L’ambassadeur du Canada, François Giroux

Port-au-Prince, le 17 août 2026.- En fin de mission en Haïti, l’ambassadeur du Canada, André François Giroux, affirme quitter le pays avec le « sentiment du devoir accompli « , tout en reconnaissant les difficultés persistantes sur les plans sécuritaire et politique. Invité lundi 17 août 2026 sur Magik 9, il a dressé le bilan de l’engagement canadien, notamment en matière de sécurité, de justice, de développement et de gouvernance.

Selon le diplomate, son mandat a notamment été marqué par la mise en œuvre d’un engagement canadien de 100 millions de dollars canadiens destiné à soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH), en particulier pour sa reconstruction, son équipement et son assistance technique. Il souligne qu’au cours des trois dernières années, l’aide canadienne à Haïti, incluant l’appui à la sécurité, a atteint environ un demi-milliard de dollars canadiens.

André François Giroux identifie quatre grands piliers de l’action canadienne : la sécurité, la justice, le développement et la gouvernance. Sur le volet sécuritaire, il estime que le Canada a joué un rôle important dans le renforcement de la PNH, en collaboration avec les États-Unis, les Nations unies et d’autres partenaires internationaux.

Le diplomate insiste également sur le rôle de la justice dans la lutte contre l’insécurité. Selon lui, l’impunité constitue l’un des facteurs qui entretiennent l’insécurité en Haïti. Il rappelle à ce titre les sanctions canadiennes visant des acteurs haïtiens et souligne l’importance du partage d’informations avec les États-Unis, les Européens et les Nations unies afin de renforcer l’efficacité de ces mesures.

Sur le plan sécuritaire, Giroux se montre relativement optimiste quant au déploiement de la nouvelle force internationale de lutte contre les gangs. Il estime que celle-ci dispose désormais de moyens plus importants que la mission précédente et bénéficie d’un mécanisme de financement plus durable. « Le train est bien sur le rail « , affirme-t-il, tout en reconnaissant que le déploiement d’une force internationale de plusieurs milliers de personnes nécessite du temps et une importante mobilisation diplomatique.

Concernant la gouvernance, l’ambassadeur sortant relève que le gouvernement de transition poursuit deux priorités essentielles : la sécurité et l’organisation des élections. Il juge le calendrier électoral ambitieux, mais estime qu’il constitue une étape nécessaire pour permettre au pays de sortir de la transition.

Au moment de quitter Haïti, André François Giroux dit toutefois ressentir une profonde tristesse. Il affirme avoir développé un attachement particulier au pays et souhaite pouvoir y revenir un jour avec sa famille. Il reconnaît néanmoins que les conditions sécuritaires actuelles rendent ce retour difficile à court terme. Après plusieurs affectations à l’étranger, il considère son départ d’Haïti comme le plus difficile de sa carrière.

W. A.