Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance
Port-au-Prince, le 5 août 2026.- Dans une intervention à l’émission Panel Magik sur Magik9, ce mercredi 5 août, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a affirmé que des policiers en fonction seraient impliqués dans des réseaux criminels, notamment dans des cas de kidnapping. Il a salué les opérations menées par la Police nationale d’Haïti (PNH) contre certains réseaux tout en dénonçant l’absence de sanctions contre plusieurs agents suspectés, les dysfonctionnements du renseignement policier et la nécessité d’un profond assainissement de l’institution.
Le directeur exécutif du RNDDH a indiqué que le démantèlement d’un important réseau de kidnapping en février 2026 avait entraîné une baisse des enlèvements dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Selon lui, cette opération a permis d’interpeller plusieurs policiers soupçonnés de collusion avec des groupes criminels.
Pierre Espérance a toutefois soutenu que ce réseau n’était pas le seul à opérer et que d’autres policiers continueraient à collaborer avec des bandes armées. Il a évoqué un rapport des Nations unies ainsi que des informations recueillies par le RNDDH faisant état de policiers impliqués dans des activités criminelles.
Prenant l’exemple de l’Artibonite, il a affirmé que sept policiers avaient été signalés depuis 2025 pour leurs liens présumés avec des groupes armés. Malgré des correspondances adressées à l’Inspection générale de la PNH, ces agents seraient, selon lui, toujours en poste.
Le responsable du RNDDH a insisté sur la nécessité de distinguer l’institution policière des individus qui la discréditent. Il a précisé que ses critiques ne visaient pas l’ensemble de la Police nationale d’Haïti, saluant au contraire les nombreux policiers qui risquent quotidiennement leur vie pour protéger la population.
Pierre Espérance a également dénoncé les faiblesses du service de renseignement de la PNH, qu’il juge dysfonctionnel et incapable de prévenir efficacement les actes de kidnapping. Il estime que l’Inspection générale doit jouer pleinement son rôle en enquêtant sur les comportements déviants et en sanctionnant les policiers impliqués dans des actes criminels.
S’il reconnaît que la PNH dispose aujourd’hui de davantage de moyens matériels et que certaines opérations ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs zones, il estime que ces avancées resteront limitées sans une véritable épuration interne et une meilleure gestion des ressources humaines.
Pierre Espérance a appelé les autorités à poursuivre les efforts engagés contre les gangs tout en renforçant les mécanismes de contrôle interne afin de restaurer la confiance de la population envers la Police nationale d’Haïti et d’améliorer durablement la lutte contre le kidnapping.
W. A.



























