L’ancien Premier ministre, Jean Michel Lapin
Port-au-Prince, le 19 juin 2026.- Dans une intervention sur Magik 9 ce vendredi 19 juin, l’ancien Premier ministre Jean Michel Lapin a exprimé de vives préoccupations concernant la conduite du processus électoral en cours. Tout en reconnaissant le soutien de la communauté internationale, notamment des États-Unis, de l’ONU et de la CARICOM, il a plaidé pour un processus plus inclusif, transparent et conforme à l’esprit de la Constitution. Il a également dénoncé l’influence excessive de certains acteurs politiques autour du gouvernement et mis en garde contre les risques d’une nouvelle crise postélectorale.
Selon Jean Michel Lapin, les partenaires internationaux affichent clairement leur volonté de voir avancer le calendrier électoral en Haïti. Toutefois, il estime que cette volonté ne doit pas être interprétée comme un blanc-seing accordé aux autorités de transition. Pour lui, la responsabilité première du succès des élections incombe aux acteurs politiques, aux partis et à la société haïtienne.
L’ancien chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’organiser des élections crédibles et consensuelles afin d’éviter la répétition des crises qui ont marqué l’histoire politique du pays depuis 1986. Il a rappelé que plusieurs épisodes d’instabilité nationale ont trouvé leur origine dans des processus électoraux contestés.
Jean Michel Lapin a également critiqué certaines démarches entreprises dans le cadre du projet de réforme constitutionnelle. Il a estimé que toute modification de la Constitution doit se faire dans le respect de ses dispositions fondamentales et a souligné les inquiétudes liées au non-respect des échéances prévues dans l’accord politique ayant conduit à la mise en place des autorités de transition.
Abordant le rôle du Conseil électoral provisoire (CEP), il a soutenu que celui-ci devrait maintenir une plus grande distance vis-à-vis du gouvernement afin de préserver sa neutralité et sa crédibilité. Selon lui, le CEP doit davantage se rapprocher des partis politiques, des organisations de la société civile et des autres acteurs concernés par le processus électoral.
L’ancien Premier ministre a par ailleurs affirmé que plusieurs personnalités influentes issues de formations politiques signataires de l’accord du 3 avril exerceraient une forte influence au sein de l’appareil gouvernemental et du CPT d’alors. Même cas de figures pour les signataires du « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ». Il a évoqué notamment la présence de conseillers politiques liés à différentes structures partisanes, estimant que cette situation pourrait compromettre l’impartialité du processus.
Concernant la visite des éminentes personnalités internationales en Haïti, Jean Michel Lapin a indiqué qu’il s’agissait d’une démarche normale dans le cadre des consultations régionales sur la crise haïtienne. Il a toutefois rappelé que la légitimité des futures autorités dépendra avant tout de la participation des citoyens haïtiens et de la crédibilité des élections organisées dans le pays.
W. A.



























