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Sanctionné par Washington, Michel Martelly sommé de quitter les États-Unis avant le 19 février

L’ex-President haïtien Michel Joseph Martelly

Visé par des sanctions américaines pour trafic présumé de stupéfiants et blanchiment d’avoirs, l’ancien président haïtien Michel Joseph Martelly devra quitter les États-Unis au plus tard le 19 février 2026. L’information a été confirmée par Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, au média indépendant Rezo Nòdwès, alors que les avocats de l’ex-chef de l’État tentent d’obtenir un report de cette échéance.

Selon Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Michel Joseph Martelly, figure centrale du courant politique Tèt Kale, fait désormais face à une contrainte administrative claire : son départ du territoire américain avant le 19 février 2026. D’après les informations publiées par Rezo Nòdwès, ses conseils juridiques chercheraient à suspendre ou retarder cette mesure, craignant qu’un retour en Haïti compromette toute possibilité de réadmission future aux États-Unis pour l’ancien président, qui s’était lui-même qualifié par le passé de « bandi legal ».

Les sanctions américaines, imposées par le Département du Trésor en août 2024, accusent M. Martelly d’avoir utilisé son influence politique pour faciliter des réseaux de trafic de drogues, notamment de cocaïne, à destination du marché américain, ainsi que des opérations de blanchiment d’argent. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des sanctions ciblées des États-Unis contre des personnalités soupçonnées d’implication dans la criminalité transnationale. En parallèle, un rapport de l’ULCC publié en décembre 2025 fait état d’irrégularités dans les déclarations de patrimoine de l’ancien chef de l’État, évoquant des actifs non déclarés et des incohérences financières.

Par ailleurs, un rapport du Groupe d’experts des Nations Unies publié en octobre 2023 mentionne des interactions présumées entre des acteurs politiques haïtiens et des groupes armés, sans qu’aucune procédure judiciaire internationale n’ait été engagée à ce stade. Le dossier Martelly s’inscrit dans un contexte plus large : son ancien allié politique et ex-Premier ministre, Laurent Lamothe, est lui aussi frappé depuis 2023 par une interdiction d’entrée aux États-Unis pour des accusations de malversations financières liées notamment au programme PetroCaribe.

W. A.