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Vers une réponse institutionnelle renforcée face aux violences faites aux femmes et aux filles

©️photo : MCFDF

Port-au-Prince, le 3 février 2026.- Le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) multiplie les initiatives en vue d’améliorer la prise en charge des femmes et des filles victimes de violences en Haïti. Dans cette perspective, une réunion stratégique s’est tenue, ce mardi 3 février 2026 au siège du ministère, réunissant plusieurs institutions clés de l’État autour d’un objectif commun : renforcer la coordination des actions de protection et d’accompagnement des survivantes.

Cette initiative fait suite à une première réunion organisée, le 27 janvier dernier à la Primature, en présence du Directeur de Cabinet du Premier ministre, Me Axène Joseph. Elle s’inscrit dans une dynamique de concertation visant la création d’un groupe interinstitutionnel chargé d’assurer une prise en charge harmonisée, efficace et durable des femmes et des filles confrontées à des situations de violence.

Face aux lourdes conséquences sociales, psychologiques et sanitaires que génère la violence basée sur le genre, le MCFDF entend impulser une réponse collective et structurée, en étroite collaboration avec les institutions intervenant tout au long de la chaîne de prise en charge. L’objectif est d’améliorer le traitement des dossiers, de renforcer l’orientation des survivantes et de leur garantir un accompagnement plus humain, cohérent et adapté à leurs besoins spécifiques.

Dans cette optique, trois jours d’ateliers de renforcement des capacités sont programmés au cours du mois de février. Ces sessions permettront de consolider les mécanismes de coordination, de clarifier les rôles des différents acteurs et d’optimiser le fonctionnement du futur groupe d’accueil interinstitutionnel.

Il convient de préciser que Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté fin janvier, sur la recrudescence alarmante et la systématisation des violences sexuelles à Port-au-Prince, utilisées par les gangs comme un instrument de terreur. Selon un rapport fondé sur dix ans de données médicales de la clinique Pran Men’m, le nombre de victimes a presque triplé depuis 2021, passant d’environ 95 admissions mensuelles à plus de 250 en 2025.

Ces violences touchent des femmes et des filles de tous âges, souvent victimes d’agressions répétées et collectives, majoritairement perpétrées par des membres de groupes armés. MSF souligne que cette situation reflète l’aggravation générale de l’insécurité en Haïti et l’impact direct de la violence sur les femmes et les filles de la capitale.

W. E.

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