Accueil Politique Le compte à rebours est lancé : le juge Lebrun dans les...

Le compte à rebours est lancé : le juge Lebrun dans les starting-blocks d’une transition qui divise

L’ex-Sénateur Me Jean Renel Sénatus

Port-au-Prince, le 3 février 2026.- À l’issue de larges consultations politiques et institutionnelles, le juge Jean Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation, a été retenu pour assurer la présidence de la transition politique en Haïti après le 7 février. L’annonce a été confirmée par l’ancien sénateur Me Jean Renel Sénatus, lors d’une intervention ce mardi 3 février sur les ondes de Magik 9.

Selon Me Sénatus, cette décision résulte d’un processus collectif entamé depuis le 1er février, impliquant des regroupements politiques, des organisations de la société civile et des acteurs religieux. Face à l’impréparation initiale de la partie haïtienne à dialoguer avec les partenaires internationaux, les leaders politiques ont sollicité un délai de 72 heures afin d’harmoniser leurs positions.

Les discussions, tenues notamment à l’Hôtel Oasis, ont permis de dégager quatre points fondamentaux : le rejet de tout conseil au sein de la présidence, l’option d’un président unique accompagné d’un Premier ministre porteur d’une feuille de route de sauvetage national, l’application stricte de l’article 149 de la Constitution de 1987 en cas de vacance présidentielle, et la mise en place d’une commission de cinq membres chargée de consulter la Cour de cassation.

Cette commission, composée de représentants du Consensus, d’un grand bloc de la société civile et de l’opposition plurielle, avait pour mission d’évaluer la disponibilité des magistrats à assumer la charge présidentielle, en tenant compte d’éventuels obstacles personnels, familiaux ou administratifs. Après 24 heures de travail intensif et d’échanges directs avec les juges, le choix s’est porté sur Jean Joseph Lebrun, jugé disponible et conforme aux exigences constitutionnelles.

Parallèlement, la commission a été mandatée pour engager le dialogue avec le Conseil présidentiel de transition (CPT), le gouvernement en place et d’autres acteurs politiques, dont le groupe Montana, en vue de bâtir un consensus minimal sur l’avenir institutionnel du pays.

Pour Me Sénatus, cette démarche s’inscrit dans une volonté claire : « respecter la Constitution, éviter l’improvisation et offrir au pays une transition crédible ». Reste désormais à transformer cette désignation en un véritable cadre de gouvernance capable de répondre à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.

W. A.

Quitter la version mobile