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Transition : La piste de la Cour de Cassation s’effondre, les politiques en quête d’un Plan B

 

Port-au-Prince, le 2 février 2026.- Face au refus catégorique des juges de la Cour de Cassation et sous la pression de la communauté internationale, les partisans d’une présidence issue du pouvoir judiciaire font marche arrière. À seulement cinq jours de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), les acteurs politiques, dont l’initiative « 4 Avril », se replient vers le dialogue de l’Hôtel Montana pour tenter de sceller un nouvel accord sur un exécutif bicéphale.

Le « Non » catégorique des magistrats

L’idée de placer un juge de la Cour de Cassation à la tête d’un exécutif bicéphale après le 7 février semble désormais enterrée. Les magistrats contactés ont opposé une fin de non-recevoir systématique aux sollicitations des blocs politiques. Échaudés par le précédent du juge Joseph Mécène Jean-Louis, les membres de la plus haute instance judiciaire du pays refusent de se prêter au jeu des partis.

Ce rejet massif serait également dicté par une consigne claire de la communauté internationale, qui aurait intimé l’ordre aux juges de rester en dehors des manœuvres politiciennes actuelles.

Un changement de cap stratégique

Ce revers a forcé les initiateurs du projet à nuancer leur position. Me Hannibal Coffy, lors d’un point de presse à l’Hôtel Oasis, a laissé entendre que le choix pourrait désormais se porter sur une figure issue du secteur politique ou de la société civile.

Signe tangible de ce basculement : la présence remarquée de l’ex-sénateur Jean Renel Sénatus, ce lundi, aux assises de l’Hôtel Montana. Ce rapprochement avec l’équipe du Dialogue Inter-Haïtien, menée par les conseillers Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils, indique une volonté de fusionner les forces pour imposer une nouvelle formule exécutive.

Un CPT fragmenté face au compte à rebours

Malgré cette dynamique à l’Hôtel Montana, l’incertitude demeure totale. Le temps presse alors que le mandat du CPT expire dans moins d’une semaine. Pour l’heure, des poids lourds de la scène politique tels que le Groupe des 10 (G10), le Bureau de Suivi de l’Accord Montana (BSA), le PHTK et Fanmi Lavalas brillent par leur absence et n’ont pas encore répondu à l’appel de cette frange fragmentée du Conseil.

La synthèse des échanges de Montana, attendue ce mardi selon Leslie Voltaire, sera déterminante pour savoir si un consensus suffisant peut être dégagé pour éviter un vide institutionnel total au lendemain du 7 février.

W. A.