Paris, le 21 janvier 2026.- Invités sur le plateau de Caroline Roux pour débattre de la situation géopolitique internationale, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, ont livré deux lectures contrastées mais convergentes sur un point clé : le monde entre dans une phase de rupture. Entre fermeté face aux pressions américaines, défense de la souveraineté européenne et appel au non-alignement, les enjeux de paix, de sécurité et d’ordre international ont été au cœur des échanges.
Jean-Noël Barrot a réaffirmé avec force la position de la France sur la scène internationale : Paris ne cède à aucun chantage et n’en cédera jamais. Tout en rappelant l’alliance historique avec les États-Unis et la reconnaissance du sacrifice américain lors de la Seconde Guerre mondiale, le chef de la diplomatie française a insisté sur une souveraineté qu’il juge « indivisible », tant pour la France que pour les autres nations.
Le ministre a toutefois tracé des lignes rouges claires : refus de toute remise en cause de l’intégrité territoriale européenne protégée par l’OTAN, opposition aux sanctions visant des responsables européens, rejet des pressions commerciales et du chantage aux droits de douane. S’il soutient le plan de paix présenté par le président américain, Jean-Noël Barrot a rejeté toute initiative visant à créer une structure internationale se substituant aux Nations unies. Dans ce contexte, la France appuie la suspension de l’accord commercial avec les États-Unis décidée par le Parlement européen et se dit prête à répondre à toute forme de coercition.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a livré une analyse plus radicale du moment historique actuel. Selon lui, les menaces répétées de Donald Trump et la désorganisation du système atlantique ouvrent une fenêtre d’opportunité pour l’indépendance et le non-alignement des nations européennes. Il a salué la suspension de l’accord UE-Mercosur comme une victoire majeure pour la souveraineté alimentaire, attribuée notamment à l’action du groupe de la France insoumise au Parlement européen.
Opposé à toute escalade militaire, le leader insoumis a mis en garde contre la « loi du plus fort », qu’il associe au risque de guerre nucléaire. Il plaide pour une solution politique au conflit russo-ukrainien fondée sur des garanties de sécurité mutuelles et des consultations démocratiques des populations concernées. Pour Jean-Luc Mélenchon, la crise actuelle marque « la fin d’un monde » et doit permettre à la France de devenir une avant-garde du non-alignement, face à des projets qu’il juge dangereux, notamment l’idée d’un « conseil pour la paix » susceptible de marginaliser l’ONU.
W. A.
