Le Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, estime que la crise sécuritaire ne doit pas empêcher Haïti d’avancer vers une transition politique et le rétablissement de la gouvernance démocratique. S’exprimant ce lundi 20 juillet 2026, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, il a invité les autorités et les acteurs politiques à saisir l’opportunité actuelle pour faire progresser le processus, tout en appelant à l’adoption d’un calendrier électoral crédible et réaliste.
Pour le responsable onusien, la consolidation des avancées sécuritaires reste indispensable pour permettre l’organisation des élections. Il a notamment insisté sur le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG), appelée à soutenir la Police nationale d’Haïti dans sa lutte contre les groupes armés. Autorisée en octobre 2025 pour un mandat d’un an, cette force doit pouvoir compter jusqu’à 5 500 membres. Massieu appelle également la communauté internationale à mobiliser les ressources nécessaires pour renforcer les efforts sécuritaires.
Ces déclarations interviennent alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) a lancé, ce lundi 20 juillet, l’inscription des électeurs dans neuf départements, à l’exception de l’Ouest, en raison des contraintes sécuritaires. Les élections sont prévues pour 2026, après près d’une décennie sans scrutin national. La dégradation de la situation sécuritaire demeure toutefois un sérieux obstacle au processus. Selon les Nations unies, au moins 61 personnes, dont 14 enfants, ont été tuées entre le 4 et le 9 juillet lors d’attaques de gangs à Kenscoff et à Pétion-Ville. Au premier trimestre de 2026, plus de 1 600 personnes ont également perdu la vie et 745 autres ont été blessées. Le BINUH appelle ainsi à faire avancer simultanément la sécurité et le processus politique.



