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Haïti : l’insécurité fragilise la santé mentale des enfants, alerte le psychologue Pascal Nery Jean Charles

 

 

Port-au-Prince, le 21 octobre 2025.- Face à la montée de l’insécurité et au déplacement massif de familles, de nombreux enfants haïtiens souffrent de troubles psychologiques graves, avertit le vice-président de l’Association haïtienne de psychologie, Pascal Nery Jean Charles. Intervenant ce mardi au micro de Magik 9, il alerte sur une « vulnérabilité sans précédent » des enfants déplacés internes, exposés à la violence, à la malnutrition et à un manque criant d’encadrement.

« C’est la première fois que de nombreux enfants haïtiens font face à une situation aussi difficile sur le plan psychologique », déplore le psychologue Pascal Nery Jean Charles. Intervenant dans l’émission Panel Magik ce mardi, le vice-président de l’Association haïtienne de psychologie (AHPsy) a dressé un tableau alarmant de la santé mentale des enfants dans un contexte marqué par la violence et la multiplication des déplacés internes.

Selon lui, plusieurs enfants ont dû fuir leur maison à plusieurs reprises, parfois après avoir été témoins de scènes traumatisantes. « Certains subissent des violences physiques ou sexuelles, notamment les filles », souligne-t-il. La fermeture de nombreuses écoles aggrave la situation : sans activités structurantes ni soutien éducatif, ces enfants présentent un déficit de socialisation et une vulnérabilité émotionnelle accrue.

Le psychologue indique que beaucoup d’enfants déplacés développent des troubles du comportement, tels que l’agressivité, l’imitation de scènes de violence ou encore un retrait social marqué. « On voit des enfants qui jouent à imiter les gangs ou qui se prétendent “chefs de gang” », observe-t-il. Ces comportements traduisent une banalisation de la violence, qui influence leur perception du réel et perturbe leur développement affectif.

Sur le plan physique, la situation est tout aussi préoccupante. Privés de soins adéquats, de nombreux enfants souffrent de malnutrition et de troubles de santé non pris en charge.

Face à cette réalité, Pascal Nery Jean Charles appelle les autorités et les médias à agir pour transformer le narratif social autour de la jeunesse. « Dans plusieurs quartiers défavorisés, certains enfants voient les chefs de gang comme des modèles de réussite ou de respect », déplore-t-il. Pour lui, il est urgent d’intégrer dans les écoles et les sites de déplacés des programmes de gestion du comportement et de santé mentale, avec la présence de psychologues scolaires afin de promouvoir des valeurs positives et reconstruire un environnement social sain.

W. A.