Port-au-Prince, le 14 mars 2026.- Dans un article publié dans Le Nouvelliste, jeudi 12 mars, Nesmy Manigat, ancien vice-président de la Chambre de commerce du Nord-Est et ancien ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, alerte sur l’écart budgétaire entre Haïti et la République Dominicaine.
Haïti, avec près de 12 millions d’habitants, dispose d’un budget d’environ 2,6 milliards de dollars américains et mobilise près de 2 milliards de recettes fiscales, soit environ 170 dollars par citoyen. À titre de comparaison, la République Dominicaine dispose d’un budget d’environ 30 milliards de dollars et de 21 milliards de recettes, soit près de 1 800 dollars par habitant. Cet écart se reflète également dans les dépenses de santé publique : 151 millions de dollars pour Haïti contre 2,8 milliards pour son voisin.
Selon Nesmy Manigat, la République Dominicaine a mis en place un pacte fiscal associant l’État, le secteur privé, les universités et la société civile. Cette démarche aurait permis de dépasser les débats politiques immédiats, d’augmenter la pression fiscale de 11,9 % à un niveau compris entre 14 % et 16 % du PIB, et d’orienter plus durablement les investissements publics, renforçant la mobilisation des ressources et la crédibilité économique.
Haïti, dont la pression fiscale est estimée à environ 6 % du PIB, a engagé certaines réformes, notamment la modernisation des douanes et la digitalisation du Système d’information et de gestion de l’éducation. Pour l’ancien ministre, la mise en place d’un pacte fiscal national pourrait structurer ces efforts, assurer la transparence et la traçabilité des ressources, et garantir un financement plus stable pour la sécurité, l’éducation et le développement économique.
Toujours selon Nesmy Manigat, la stabilité du pays dépend largement de la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources publiques. Un pacte fiscal national pourrait, estime-t-il, renforcer la gouvernance, améliorer la qualité des services essentiels et contribuer à restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs, posant ainsi les bases d’un développement plus durable.
R. J.
