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Accord du 23 février : Renald Lubérice plaide pour un « toilettage » pragmatique face à l’échec du CPT

Renald Lubérice

Port-au-Prince, le 24 février 2026.- Invité sur les ondes de Magik 9 ce mardi 24 février, Renald Lubérice, cadre de la plateforme RED, a apporté des précisions cruciales sur le « Pacte national pour la stabilité ». Tout en marquant une rupture avec l’immobilisme du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Lubérice présente cet accord comme un outil technique visant l’harmonisation des mandats et une réforme constitutionnelle ciblée. Pour l’ancien secrétaire général du Palais national, l’urgence est d’extraire le pays de l’engrenage des crises électorales répétitives grâce à un consensus minimal mais solide.

D’entrée de jeu, Renald Lubérice n’a pas mâché ses mots envers le Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Selon lui, le CPT n’a manifesté aucune volonté réelle d’appliquer les axes majeurs de l’accord du 3 avril, ce qui a rendu nécessaire la signature de ce nouveau Pacte. Il définit ce dernier non pas comme un simple document politique, mais comme un programme d’intervention restrictif et opérationnel, taillé pour sortir de l’impasse actuelle.

L’un des points de tension relevés lors de l’entretien concerne les contradictions logistiques entourant le décret électoral du 1er décembre 2025. Lubérice souligne que si le texte actuel vise ce décret, il laisse la porte ouverte à des modifications nécessaires pour l’adapter aux nouvelles réalités. L’objectif est clair : éviter le piège des élections tous les deux ans, un rythme que l’appareil d’État haïtien ne peut plus soutenir. « Il faut harmoniser nos temps politiques », a-t-il martelé, plaidant pour un « toilettage » constitutionnel qui ne s’enlise pas dans les débats idéologiques entre régimes présidentiel ou parlementaire, mais qui assure la fonctionnalité de l’État.

Pour la plateforme RED, la signature de l’accord n’est que la première étape. Lubérice appelle désormais le leadership exécutif, porté par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à engager une consultation rapide avec la société civile. Ce dialogue doit permettre de dégager les points de convergence sur la « loi mère » afin de garantir une passation de pouvoir pacifique à des élus. « L’objectif final est que des élus dirigent ce pays », a-t-il conclu, rappelant que la sécurité et l’organisation technique des scrutins restent les seuls juges de la réussite de ce Pacte.

W. A.