Ricardo Germain, analyste en relations internationales
Port-au-Prince, le 24 février 2026.- Invité à Panel Magik sur Magik 9, les 24 et 25 février 2026, l’analyste en relation internationale, Ricardo Germain a jugé « excessif » l’optimisme suscité par l’annonce d’un appui américain aux Forces armées d’Haïti (FAd’H). Il estime l’enveloppe « modeste » et rappelle que l’engagement reste conditionné à l’approbation du Sénat américain.
Pour Ricardo Germain, l’annonce de Washington doit être analysée avec prudence. « L’enveloppe annoncée est modeste », a-t-il déclaré, évoquant davantage une « contribution-test » qu’un appui structurant à long terme. Selon lui, cette aide pourrait ouvrir la voie à d’autres partenariats, à condition qu’Haïti démontre sa capacité à se conformer aux exigences institutionnelles et stratégiques liées à ce type de coopération.
L’analyste a également insisté sur le caractère non définitif de l’engagement américain, soulignant qu’il demeure soumis à l’avis du Sénat des États-Unis. « Rien n’est encore définitivement acquis », a-t-il précisé, appelant à éviter tout triomphalisme prématuré.
Abordant la situation interne des FAd’H, Ricardo Germain a mis en lumière les défis conceptuels entourant la reconstitution du ministère de la Défense et de l’armée, dans un contexte d’urgence sécuritaire aiguë. Il a rappelé que, faute de structuration complète et de doctrine clairement établie, les soldats ne sont pas déployés seuls sur les théâtres d’opération, mais interviennent en appui à la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Pour lui, le véritable enjeu dépasse l’aide financière : il s’agit de clarifier le rôle stratégique des FAd’H dans l’architecture sécuritaire nationale et de renforcer leur capacité institutionnelle avant d’envisager un déploiement autonome.
W. A.
