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Pitit Dessalines conteste la légalité du décret attribuant les pouvoirs présidentiels au Premier ministre

 

Port-au-Prince, le 9 février 2026.- Dans une note publiée le 8 février 2026, le parti Pitit Dessalines rejette fermement le décret adopté en Conseil des ministres le 7 février, par lequel les pouvoirs présidentiels sont confiés au Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé. Le parti y voit une entorse majeure à la Constitution de 1987 et une menace pour l’ordre républicain.

Selon Pitit Dessalines, le texte contrevient à l’article 149 de la Constitution amendée, qui encadre strictement la vacance présidentielle et limite l’intérim à une période transitoire devant aboutir à des élections dans un délai de 60 à 120 jours. En l’absence d’échéance précise, le décret instaurerait une présidence de fait sans fondement constitutionnel.

Le parti dénonce également la violation du décret de transition du 10 avril 2024, lequel fixait la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) au 7 février 2026 et excluait toute prorogation. L’attribution de pleins pouvoirs au Premier ministre à l’issue de ce mandat serait, selon lui, un reniement du consensus politique ayant encadré la transition.

Pitit Dessalines alerte en outre sur la rupture de l’équilibre institutionnel garanti par un exécutif bicéphale. Le cumul des fonctions présidentielles et gouvernementales par une seule personne non élue instaurerait un régime monocéphale, contraire aux articles 133 et 150 de la Constitution et dépourvu de contrôle démocratique.

S’appuyant sur les articles 58 et 59, le parti rappelle que la souveraineté appartient au peuple et qu’aucun décret ne peut s’y substituer. Il estime dès lors que l’exercice du pouvoir par Alix Didier Fils-Aimé au-delà du 7 février 2026 est dénué de toute légitimité pour engager l’avenir du pays.

Pitit Dessalines appelle enfin au retrait immédiat du décret, à l’ouverture d’un consensus national pour rétablir un exécutif conforme à la Constitution, et à la publication rapide d’un calendrier électoral contraignant en vue d’un retour à l’ordre démocratique.

W. E.

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