©️photo : Le Scientifique
Cap-Haïtien, le 4 février 2026.- Au Cap-Haïtien, le ministère de la Santé publique et de la Population a amorcé, lundi 3 février 2026, la remise des lettres de nomination à 60 infirmières et infirmiers sélectionnés lors du concours national de 2025. Cette cérémonie organisée à la Direction sanitaire du Nord met fin à plusieurs mois d’attente pour des professionnels qui exerçaient sans statut clair ni salaire et ouvre la voie à leur intégration effective dans la fonction publique.
Les actes de nomination ont été remis au cours d’une activité présidée par le Directeur départemental sanitaire du Nord, le Dr Hans Humbold A. Charles, en présence notamment de la directrice de la DSF, Dr Cassandre Milord, et d’un membre du cabinet ministériel, le Dr Rodney Dupuy. Selon les autorités, le quota initialement fixé à 40 a été porté à 60 bénéficiaires afin de répondre aux besoins urgents des hôpitaux et centres de santé, particulièrement dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre de déplacés internes. Les départements de l’Ouest, du Sud, du Centre et du Nord-Ouest devraient suivre la même dynamique, tandis que d’autres zones demeurent en attente pour des raisons administratives liées à l’acheminement des dossiers.
Au-delà du symbole, ces nominations ouvrent la voie à la mise en paie des agents et à leur intégration dans les registres de l’État. Depuis près de dix mois, nombre d’entre eux travaillaient dans une précarité totale, assurant des services essentiels sans protection sociale. Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) présente cette démarche comme une réponse à la crise des ressources humaines qui frappe le secteur sanitaire, marqué par les départs massifs de soignants et la surcharge chronique des structures publiques.
Cette première étape crée un précédent attendu, mais le défi reste national. Des centaines d’infirmières et d’infirmiers des autres départements espèrent encore la même reconnaissance. La réussite du processus dépendra de sa généralisation rapide et d’une gestion transparente des carrières tenant compte des qualifications réelles. Pour le système de santé, l’enjeu est clair : restaurer la confiance des soignants afin qu’aucun d’eux ne continue à travailler dans l’ombre de l’incertitude.

R. J.