©️photo : Le Nouvelliste
Port-au-Prince, le 8 juillet 2026.- Le Group d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) dresse dans son bulletin pour le mois de mai 2026, un tableau préoccupant de la situation migratoire. Le rapport met en évidence une recrudescence des violations des droits des migrants haïtiens aux États-Unis, en République dominicaine, aux Bahamas et dans d’autres pays de la région, dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires.
Au cours du mois, plusieurs événements majeurs ont marqué l’actualité migratoire. Du 5 au 8 mai, les États membres de l’ONU ont adopté à New York une déclaration fixant les priorités mondiales en matière de migration à l’horizon 2030.
La République dominicaine a signé un mémorandum avec les États-Unis pour accueillir certains migrants expulsés, à l’exclusion des Haïtiens, avant d’annoncer la reprise des vols commerciaux avec Haïti à partir du 30 mai après deux années d’interruption.
Les Bahamas ont expulsé 107 ressortissants haïtiens en situation irrégulière, tandis que les garde-côtes américains et la Police des Îles Turques-et-Caïques ont intercepté un bateau transportant 240 migrants haïtiens en détresse au large de l’archipel.
Le GARR dénonce également la persistance de graves violations des droits humains. Aux États-Unis, l’organisation évoque les mauvais traitements infligés aux migrants détenus par l’ICE, y compris des femmes enceintes, ainsi qu’une hausse des suicides dans les centres de rétention.
En République dominicaine, elle signale la poursuite des expulsions, des cas de profilage racial, de séparation de familles, d’extorsion et de mauvais traitements, tout en rappelant le décès controversé de l’adolescente haïtienne Nanita Pimentel Paul, âgée de 14 ans, alors qu’elle était sous la responsabilité des autorités dominicaines.
Sur le terrain, le Centre d’accueil du GARR à Belladère a assisté 732 migrants expulsés durant le mois de mai, dont 584 hommes, 101 femmes et 57 enfants. Parmi eux figuraient huit femmes enceintes, onze femmes allaitantes, trois personnes vivant avec un handicap et douze mineurs non accompagnés.
L’organisation leur a fourni nourriture, hébergement, produits d’hygiène, vêtements, accompagnement psychosocial, référencement et aide au transport, tout en appelant les États de la région à respecter les droits fondamentaux des migrants et à renforcer les mécanismes de protection.
W. E.



























