Port-au-Prince, le 4 à 2026.- Prise dans la tempête après la multiplication des plaintes d’usagers et l’ouverture d’un bureau de l’OFNAC au Cap-Haïtien, la compagnie Sunrise Airways a publié le lundi 3 août un démenti pour balayer les accusations de dysfonctionnement. Pourtant, sous cette mise au point aux allures d’opération de communication, la vague d’indignation populaire et les témoignages de voyageurs exaspérés viennent désavouer catégoriquement la posture d’assurance de l’entreprise.
Dans son communiqué officiel, le transporteur aérien affirme rejeter « toutes les accusations sans fondement » et soutient placer la sécurité, le sérieux et la qualité de service au cœur de ses priorités depuis plus de dix ans. Or, cette réaction est perçue par l’opinion publique comme une tentative flagrante de tromper la vigilance des usagers. Entre les retards à répétition annoncés sans excuses ni explications, les pertes récurrentes de bagages, l’inconfort manifeste des appareils et des frais d’excédent de bagages jugés exorbitants, la réalité vécue sur le tarmac est bien éloignée des beaux discours sur « l’excellence opérationnelle ».
L’incohérence du message de Sunrise Airways s’étale d’ailleurs au grand jour sur les réseaux sociaux. Directement sous la note de presse publiée par la compagnie, une déferlante de commentaires extrêmement négatifs a submergé la publication. Les voyageurs lésés y décrivent une tout autre réalité : un mépris total de la clientèle, des tarifs abusifs et un manque cruel d’empathie face aux préjudices subis. Cette levée de boucliers collective prouve que les usagers ne sont plus dupes face à des promesses de « transparence » en totale déconnexion avec leurs souffrances quotidiennes.
Il est désormais urgent que Sunrise Airways cesse de nier l’évidence et prenne des mesures concrètes au lieu de se réfugier derrière des formules toutes faites. Face à l’implantation récente du Service de protection des passagers et de règlement des réclamations (SPPR) par l’OFNAC, les consommateurs disposent enfin d’un levier pour faire valoir leurs droits. Il appartient désormais aux autorités de régulation de contraindre la compagnie à respecter la population haïtienne, à réparer les préjudices causés et à offrir un service décent, sous peine d’imposer des sanctions exemplaires à ce quasi-monopole aérien.
W. A.



























