New-York, le 9 février 2026.- L’épilepsie est une maladie neurologique chronique, non transmissible, qui touche environ 50 millions de personnes dans le monde, selon les données des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle figure parmi les affections du cerveau les plus répandues et se caractérise par des crises épileptiques récurrentes causées par une activité électrique anormale dans le cerveau.
Une maladie aux manifestations variées
D’après un article des Nations Unies (ONU), les crises épileptiques peuvent être partielles, lorsqu’elles affectent une zone précise du corps, ou généralisées, lorsqu’elles impliquent l’ensemble de l’organisme. Leur intensité et leur fréquence varient considérablement, allant de brèves absences à des convulsions sévères, parfois accompagnées de perte de conscience ou de perte du contrôle des fonctions sphinctériennes. Une crise isolée ne suffit pas à poser un diagnostic : l’épilepsie est définie par la survenue d’au moins deux crises spontanées.
Un impact sanitaire et social important
Au-delà des crises, l’épilepsie constitue un véritable enjeu de santé publique. Les personnes atteintes présentent un risque accru de blessures, de troubles psychologiques tels que l’anxiété ou la dépression, ainsi qu’un risque plus élevé de décès prématuré, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Une part importante de ces décès reste pourtant évitable.
La situation en Haïti : stigmatisation et accès limité aux soins
En Haïti, l’épilepsie reste largement stigmatisée, principalement en raison de la méconnaissance de la maladie. Les personnes épileptiques sont souvent mal traitées ou marginalisées, d’autant plus que le traitement est long et coûteux.
« Les médicaments ne sont pas toujours disponibles ici. Comme il n’y a pas une forte demande, ils ne sont pas vraiment importés », regrette le Dr Pierre Louis, cité par le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées.
Il appelle par ailleurs les autorités publiques, ainsi que le secteur privé, à renforcer l’offre de soins et la protection sociale en faveur de ces personnes vulnérables.
Une charge mondiale inégalement répartie
Chaque année, près de cinq millions de nouveaux cas d’épilepsie sont diagnostiqués dans le monde. Environ 80 % des personnes épileptiques vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès au diagnostic, aux soins spécialisés et aux médicaments antiépileptiques demeure limité. Les principales causes incluent les infections du système nerveux, les traumatismes crâniens, les complications à la naissance et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Des causes multiples, souvent évitables
L’épilepsie n’est pas contagieuse. Ses causes peuvent être structurelles, génétiques, infectieuses, métaboliques ou inconnues, cette dernière catégorie représentant près de 50 % des cas. Selon l’OMS, environ 25 % des épilepsies pourraient être évitées, grâce à la prévention des traumatismes crâniens, à l’amélioration des soins périnatals, à la lutte contre les infections et à la réduction des facteurs de risque cardiovasculaire.
Des traitements efficaces mais encore inaccessibles
Jusqu’à 70 % des personnes atteintes d’épilepsie pourraient vivre sans crises grâce à un traitement médicamenteux approprié. Toutefois, dans les pays à faible revenu, près de trois quarts des patients ne reçoivent pas les soins nécessaires, en raison du coût élevé, de l’indisponibilité des médicaments et du manque de services de santé spécialisés.
Pourtant, la majorité des cas peut être prise en charge au niveau des soins de santé primaires, sans recourir à des équipements complexes.
Droits humains et action internationale
Les personnes vivant avec l’épilepsie continuent de faire face à des violations des droits humains et à des discriminations sociales : accès restreint à l’éducation, à l’emploi, aux assurances et à certains espaces publics. Face à cette réalité, l’OMS, en collaboration avec ses partenaires internationaux, a fait de la lutte contre l’épilepsie une priorité mondiale, à travers des plans d’action, des programmes de formation du personnel de santé et des initiatives visant à réduire la stigmatisation et à améliorer l’accès universel aux soins.
Mieux comprendre, prévenir et traiter l’épilepsie demeure essentiel pour réduire son impact sanitaire, économique et social, concluent les Nations Unies.
W. E.
