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Lagon des Huîtres en péril : alerte sur un parc national sous pression humaine

L’Agronome Desrosiers Jean Louis

Port-au-Prince, le 26 avril 2026.- Invité au Panel Magik le 25 avril 2026, l’agronome Derosier Jean Louis tire la sonnette d’alarme sur la dégradation du Parc national du Lagon des Huîtres à Belle-Anse. Entre surpêche, coupe de bois et manque de moyens, ce site écologique stratégique fait face à de graves menaces malgré les efforts de gestion et de sensibilisation.

Le Parc national du Lagon des Huîtres, situé à Belle-Anse, traverse une situation critique. Lors de son intervention sur Magik 9, l’agronome Derosier Jean Louis, responsable du site, a dressé un tableau préoccupant de la gestion et de la préservation de cet espace protégé, placé sous la tutelle du ministère de l’Environnement à travers l’Agence nationale des aires protégées (ANAP).

Doté d’une superficie d’environ 9 642 hectares, ce parc joue un rôle clé dans la protection des écosystèmes côtiers et marins. Mangroves, forêts sèches, récifs coralliens et zones de reproduction de poissons et de crustacés en font un réservoir de biodiversité et un levier potentiel pour l’écotourisme et la sécurité alimentaire.

Cependant, selon le responsable, les principales menaces restent d’origine humaine. La surpêche, la coupe anarchique de bois pour la production de charbon et l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles fragilisent gravement l’équilibre écologique du parc. À cela s’ajoute une faible présence de l’État sur le terrain, marquée par un manque de moyens logistiques et de motivation des agents chargés de la surveillance, aujourd’hui assurée par la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP).

Malgré la mise en place d’un système de co-gestion impliquant les communautés locales, les défis persistent. La majorité des terres étant privées, les autorités misent sur la sensibilisation et la communication pour changer les comportements et encourager une gestion durable des ressources.

Des initiatives ont toutefois été engagées, notamment des projets de restauration des récifs coralliens avec l’installation de modules sous-marins, ainsi que des actions d’éducation environnementale dans les écoles, les églises et via les médias locaux.

Pour Derosier Jean Louis, l’avenir du parc dépend d’un renforcement urgent de la surveillance, d’un meilleur encadrement des activités économiques et d’une implication accrue des communautés. Il plaide également pour une prise en charge plus soutenue de l’État afin de garantir une protection efficace de cet espace stratégique.

W.A

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