Port-au-Prince, le 15 mai 2026.- En visite à l’École de la Magistrature le 15 mai, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé une revalorisation salariale en faveur des juges, huissiers et greffiers. Dans un contexte marqué par l’insécurité, la précarité institutionnelle et le manque chronique de moyens, le gouvernement affirme vouloir replacer la justice au cœur du redressement national.
À l’heure où la justice haïtienne traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente, le gouvernement tente d’envoyer un signal fort aux acteurs du système judiciaire. En déplacement à l’École de la Magistrature (EMA), à Pétion-Ville, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné du ministre de la Justice, Dr Patrick Pélissier, a annoncé une augmentation salariale prochaine au profit des magistrats, huissiers et greffiers.
Face aux élèves magistrats de la 8e promotion de l’EMA, le chef du gouvernement a reconnu implicitement les conditions extrêmement complexes dans lesquelles évoluent les professionnels de la justice en Haïti. Faibles rémunérations, manque de sécurité, surcharge des tribunaux, insuffisance de ressources matérielles, pressions politiques et lenteurs administratives : les défis auxquels sont confrontés les magistrats continuent d’affaiblir l’appareil judiciaire et la confiance des citoyens dans les institutions.
« La reconstruction nationale passe nécessairement par une justice forte, crédible et indépendante », a déclaré le Premier ministre, annonçant que cette mesure salariale devrait entrer en vigueur au plus tard mardi prochain.
Le ministre de la Justice, Dr Patrick Pélissier, a pour sa part salué une initiative qu’il qualifie d’historique, rappelant qu’il s’agirait de la première visite officielle d’un Premier ministre en exercice auprès d’une promotion de magistrats en formation.
Au-delà de son caractère symbolique, cette visite intervient dans un contexte où le système judiciaire haïtien fait face à une crise profonde : tribunaux dysfonctionnels, dossiers en souffrance, insécurité persistante autour des palais de justice et difficultés de fonctionnement dans plusieurs juridictions du pays.
À travers cette démarche, les autorités affirment vouloir restaurer la dignité de la fonction judiciaire et renforcer les capacités d’un secteur considéré comme essentiel au rétablissement de l’État de droit en Haïti.
W. A.
























