Port-au-Prince, le 12 mars 2026.- À l’occasion de la Journée internationale des repas scolaires, célébrée ce jeudi 12 mars, la question de l’alimentation des élèves revient au premier plan. Dans le monde, plus de 100 millions d’enfants vont à l’école le ventre vide, selon le Programme alimentaire mondial (PAM/WFP). En Haïti, où la pauvreté et l’insécurité aggravent la crise alimentaire, des milliers d’élèves dépendent des repas servis à l’école pour se nourrir. Le Programme National de Cantine Scolaire (PNCS) en fournit à environ 600 000 élèves, mais la couverture demeure limitée et largement soutenue par des partenaires internationaux.
Une réponse partielle à une faim persistante
Pour de nombreux élèves haïtiens, les cantines scolaires jouent un rôle déterminant dans l’accès à la nutrition et dans la fréquentation des classes. Dans un contexte marqué par l’insécurité alimentaire, ces repas contribuent à améliorer la concentration des élèves et à limiter l’abandon scolaire, tout en constituant parfois le seul repas équilibré de la journée. À l’échelle internationale, des organisations comme le Programme alimentaire mondial considèrent les programmes de repas scolaires comme l’un des investissements sociaux les plus efficaces pour lutter contre la faim, soutenir l’éducation et renforcer le capital humain des pays en développement.
Impact limité sur l’économie locale
Le programme achète une partie de ses denrées auprès des producteurs locaux, mais la majorité des aliments reste importée. Si certains agriculteurs bénéficient d’un marché, l’impact sur la sécurité alimentaire nationale et sur la réduction de la pauvreté rurale reste modeste par rapport aux besoins globaux. Selon le PAM, un dollar investi dans les repas scolaires peut générer jusqu’à 35 dollars de bénéfices sociaux, mais ces bénéfices sont souvent théoriques et dépendent d’une mise en œuvre régulière et stable.
Les défis de la coordination et de la durabilité
La dépendance aux financements externes rend le programme vulnérable aux crises internationales et aux changements politiques locaux. Les interruptions fréquentes exposent les enfants à la malnutrition, et l’éducation à la nutrition et à l’hygiène, bien que présente, reste insuffisante et inégale selon les régions. Les ONG et le PAM interviennent souvent en appui, mais le contrôle et la supervision du programme restent limités, réduisant l’efficacité globale.
La Journée internationale des repas scolaires rappelle que, pour des milliers d’enfants haïtiens, l’école est le seul endroit où ils mangent correctement. Les données internationales et nationales montrent que les programmes comme le PNCS apportent un soulagement, mais ne suffisent pas à résoudre les inégalités alimentaires et éducatives du pays. Pour des résultats durables, il faudrait une approche intégrée combinant sécurité alimentaire, stabilité scolaire et renforcement des infrastructures locales.
R. J.
