Jean Michel Lapin
Port-au-Prince, le 8 mai 2026.- L’ex-Premier ministre Jean Michel Lapin a sévèrement critiqué la gestion actuelle du pouvoir exécutif, qu’il qualifie de « fiasco ». Invité à l’émission Panel Magik sur Magik 9 ce vendredi 8 mai 2026, il a notamment remis en question le fonctionnement de la Primature, la concentration des pouvoirs autour du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que le budget proposé par le Conseil électoral provisoire pour l’organisation des prochaines élections.
Au cours de l’entretien, Jean Michel Lapin a expliqué que plusieurs acteurs politiques avaient exprimé des réserves dès les discussions autour du nouveau cadre de gouvernance. Selon lui, certaines propositions visaient notamment à limiter dans le temps les pouvoirs du Premier ministre et à renforcer le contrôle des dépenses publiques par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif afin de prévenir les risques de corruption.
L’ancien chef du gouvernement affirme que ces garde-fous n’ont pas été pleinement intégrés, ouvrant ainsi la voie à une concentration excessive du pouvoir. Il a estimé qu’après plusieurs mois à la tête du gouvernement, les résultats attendus ne sont toujours pas visibles, particulièrement en matière de gouvernance publique et de gestion de la crise nationale.
Jean Michel Lapin a également dénoncé ce qu’il considère comme une centralisation des décisions au niveau de la Primature, au détriment des ministères sectoriels. Selon lui, cette méthode fragilise l’action gouvernementale et réduit la capacité des ministres à agir efficacement dans leurs domaines respectifs.
L’ancien Premier ministre s’est aussi attardé sur le budget électoral initialement proposé par le CEP, évalué à plus de 250 millions de dollars américains. Il a indiqué que plusieurs lignes budgétaires jugées excessives ou injustifiées avaient été identifiées, notamment des dépenses liées aux déplacements, à la sécurité et à certains services administratifs.
D’après lui, le Ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que la Primature ont dû intervenir pour revoir certaines prévisions à la baisse afin d’adapter le budget à la réalité financière de l’État haïtien.
Pour Jean Michel Lapin, la réussite du processus électoral dépendra avant tout d’une meilleure gestion des ressources publiques, d’une coordination plus efficace entre les institutions et d’une gouvernance capable de répondre concrètement aux attentes de la population.
W. A.





















