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Intelligence artificielle et réforme éducative : le MENFP prépare le primaire et le secondaire

Le directeur de l’ESIH, Patrick Attie, intervient lors d’une des séances de formation•©️photo : Ritchie Dejervil – DOF Communications

Pétion-Ville, le 27 février 2026.- L’intelligence artificielle s’invite désormais au cœur des réflexions stratégiques du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Les 19 et 20 février 2026, à Pétion-Ville, des cadres issus des directions techniques, du primaire (enseignement fondamental) et du secondaire ont pris part à deux journées de formation consacrées à l’utilisation concrète des IA génératives.

L’initiative, organisée par l’InnovEd-UniQ (Institut de Formation, de Recherche et d’Innovation en Éducation – une entité rattachée à l’Université Quisqueya en Haïti) avec le support de l’UNESCO-BIE (Bureau international d’éducation de l’UNESCO), sous la direction de l’École Supérieure d’Infotronique d’Haïti (ESIH), s’inscrit dans le cadre de la réforme en cours du système éducatif haïtien. Durant ces séances, les participant-e-s ont travaillé sur des applications pratiques directement liées à leurs responsabilités : production de rapports administratifs, élaboration de présentations, création de formulaires, synthèse de documents stratégiques et conception d’exercices pédagogiques destinés aussi bien au primaire qu’au secondaire. L’enjeu est clair : comprendre l’outil avant de l’intégrer dans les processus institutionnels.

L’IA au service des processus du ministère

Patrick Attie, directeur de l’École Supérieure d’Infotronique d’Haïti (ESIH), dans son intervention, a insisté sur les usages professionnels des intelligences artificielles génératives. Selon lui, ces outils permettent d’accélérer considérablement certaines opérations intellectuelles : analyser plusieurs dizaines de documents pour produire une carte heuristique, préparer un état des lieux thématique, générer des rapports ou structurer des stratégies.

Il a également abordé les enjeux liés aux fausses informations et aux manipulations numériques, notamment à travers des exemples de synchronisation labiale et de génération de contenus multimédias. Pour lui, la maîtrise du prompt engineering est essentielle afin de formuler des instructions précises et obtenir des résultats adaptés aux besoins du ministère, notamment dans le travail autour du Cadre d’Orientation Curriculaire (COQ).

Une formation inscrite dans la réforme éducative

Anouk Ewald, directrice de l’InnovEd-UniQ, a rappelé que son institution accompagne le développement professionnel des acteurs de l’éducation à tous les niveaux. Cette formation répond à une volonté d’outiller les cadres afin qu’ils puissent soutenir efficacement la réforme en cours. Elle a souligné que l’IA ne doit pas être perçue comme un substitut à l’humain, mais comme un appui. Bien utilisée, elle peut renforcer les capacités d’analyse, de planification et d’innovation.

Elle a aussi évoqué l’importance de préserver les compétences fondamentales (esprit critique, abstraction, créativité) qui se développent dès le primaire et se consolident au secondaire.

Intégrer l’IA au primaire et au secondaire

Les responsables présents ont clairement exprimé leur volonté d’intégrer progressivement l’IA dans les deux grands cycles d’enseignement. Le directeur de l’enseignement secondaire, Fleury Jean-Miguel, a expliqué qu’une orientation existe pour introduire l’intelligence artificielle dans ce cycle. Selon lui, il est indispensable de comprendre ces outils avant leur déploiement. Il estime que l’IA pourrait contribuer à améliorer la gestion pédagogique, soutenir l’apprentissage des élèves du secondaire et accompagner l’automatisation de certaines tâches administratives.

Kendy Nicolas, directeur de l’enseignement fondamental (primaire), a insisté sur l’importance d’intégrer ces technologies non seulement dans les écoles primaires, mais aussi au niveau de l’inspectorat et du bureau central du ministère. Dans le contexte d’une vaste réforme curriculaire, il considère que l’IA peut accélérer la production de documents, faciliter le suivi des élèves et appuyer la progression des apprentissages au primaire comme au secondaire. Il a également souligné que ces formations permettent de dépasser la crainte souvent associée aux nouvelles technologies.

Par ailleurs, le directeur du Curriculum et de la Qualité (DCQ), Gétheau Lindor, a comparé les débats autour de l’IA aux réactions suscitées par les grandes révolutions technologiques du passé. Selon lui, l’IA élargit les capacités humaines plutôt qu’elle ne les remplace. Pour les directions techniques, elle représente un outil d’optimisation de la planification, de la recherche et du pilotage stratégique du système éducatif.

Des résultats concrets en deux jours

Les séances, animées notamment par la formatrice Alyssa Jean-Pierre, ont permis aux participants de manipuler directement des outils comme ChatGPT. Ils ont appris à structurer leurs requêtes, à produire des documents cohérents en peu de temps, à créer des supports pédagogiques utilisables au primaire et au secondaire et à générer des analyses stratégiques.

Plusieurs cadres ont démontré qu’il est désormais possible de réaliser en quelques heures des tâches qui prenaient auparavant plusieurs jours. Cette réduction du temps de production est perçue comme un atout majeur pour accompagner la réforme éducative et renforcer l’efficacité institutionnelle.

Q. A.

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