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Haïti sombre dans la violence : William O’Neill évoque des souffrances humaines insoutenables

William O’Neill, lors d’une session au siège des Nations Unis

New York, le 18 mars 2026.- À New York, devant la presse au siège des Nation Unis, William O’Neill, expert des Nations unies sur les droits humains en Haïti, a tiré la sonnette d’alarme le lundi 16 mars. Dix jours après sa visite sur le terrain, il dénonce l’escalade des violences des gangs, les déplacements massifs de populations et des conditions de vie extrêmement précaires, marquées par le manque d’eau potable, de nourriture, de soins et de logement adéquat. Les plus vulnérables sont les plus touchés.

Les violences des gangs ont forcé au moins 1,4 million de personnes à fuir leurs domiciles depuis 2023, selon O’Neill. « De nombreuses familles vivent dans des conditions extrêmement précaires, souvent sans accès aux soins de santé, à l’eau potable, aux toilettes, à la nourriture, à l’école ou à un logement adéquat », a-t-il indiqué, soulignant la vulnérabilité des populations. Les frappes de drones menées par les forces de sécurité, avec le soutien de la société militaire privée américaine Vectus Global, ont provoqué la mort de plus de 1 200 personnes entre mars 2025 et janvier 2026, dont au moins 60 civils, enfants et adultes, sans lien avec les gangs, selon Human Rights Watch.

L’expert souligne également l’importance des programmes de réhabilitation destinés aux enfants et adolescents enrôlés par les gangs, mentionnant l’engagement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à soutenir de telles initiatives. Il encourage un renforcement des institutions de protection de l’enfance, comme l’IBESR, et la création d’un Corps de la jeunesse haïtienne pour offrir aux jeunes un rôle constructif dans la reconstruction des communautés, sans pour autant émettre de jugement sur l’efficacité de ces mesures.

Par ailleurs, O’Neill alerte sur la situation dans les centres de détention de Port-au-Prince et du Cap-Haïtien, caractérisée par la surpopulation, l’insalubrité et l’absence de séparation entre adultes et mineurs. Il insiste sur le respect du droit international des droits humains dans les opérations policières et sur la nécessité d’un soutien psychologique et social pour les victimes, en mobilisant psychologues, travailleurs sociaux et leaders communautaires haïtiens.

Face à cette crise, l’expert onusien recommande au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions contre les responsables de violations des droits humains et de corruption, et de renforcer l’embargo sur les armes. William O’Neill rappelle que la reconstruction du tissu social haïtien passe par une protection effective des populations vulnérables et par des programmes de prévention durables, soulignant la capacité des professionnels locaux à relever ce défi majeur.

R. J.