Edwin Paraison
Port-au-Prince, le 19 mars 2026.- Lors d’une intervention sur Magik9 mercredi 18 mars, Edwin Paraison a dressé un tableau préoccupant des relations haïtiano-dominicaines, marquées par la montée des courants nationalistes en République Dominicaine, la poursuite des expulsions massives et un dialogue bilatéral encore fragile malgré quelques tentatives de reprise.
L’ancien diplomate a rappelé que les tensions actuelles ne sont pas nouvelles, mais s’inscrivent dans une dynamique alimentée depuis plusieurs années par des secteurs dominicains hostiles à Haïti. Selon lui, la construction du mur frontalier, souvent présentée comme une réponse récente à la crise haïtienne, s’inscrit en réalité dans un projet plus ancien porté par des courants politiques nationalistes.
Edwin Paraison souligne toutefois que cette vision ne reflète pas l’ensemble de la société dominicaine. Des secteurs économiques, religieux et professionnels continuent de plaider en faveur de relations apaisées entre les deux pays, notamment à travers des initiatives conjointes comme le parc industriel de Codevi, symbole d’une coopération économique encore active.
Sur le plan diplomatique, il évoque une tentative de relance du dialogue, notamment à travers des rencontres organisées à Washington. Mais ces efforts restent limités, freinés par la pression de groupes ultranationalistes et par des désaccords persistants autour du dossier du canal à la frontière.
La situation migratoire demeure également préoccupante. Edwin Paraison dénonce un rythme élevé d’expulsions de migrants haïtiens, qualifié d’inhabituel dans la région. Parallèlement, il note une reprise timide et sélective de la délivrance de visas par les autorités dominicaines, notamment pour certains étudiants, bien que des cas d’arrestations continuent d’être signalés.
Pour l’acteur de la société civile, la normalisation des relations passera nécessairement par la reprise de mécanismes formels de dialogue, une meilleure gestion des flux migratoires et une coopération renforcée entre les deux États.
W. A.
