L’ex-Premier ministre Jean Henry Céant
Port-au-Prince, le 16 janvier 2026.- Invité de Magik 9 ce vendredi, l’ancien Premier ministre Jean Henry Céant estime qu’à l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le pouvoir doit revenir au Premier ministre et au Conseil des ministres, conformément à la Constitution. Il appelle à éviter tout vide institutionnel et exhorte le chef du gouvernement à convoquer les forces vives du pays afin de dégager une formule consensuelle capable de conduire la transition vers des élections crédibles.
Jean Henry Céant se veut catégorique : la sortie de crise ne peut se faire ni dans l’improvisation ni dans la création de nouvelles structures parallèles. Selon lui, si le CPT se révèle dysfonctionnel ou arrive à expiration sans prolongation formelle de mandat ni désignation de successeur, la Constitution prévoit clairement la continuité de l’État.
S’appuyant notamment sur l’article 149 de la Constitution ainsi que sur le décret d’avril ayant institué le CPT, Céant soutient qu’en cas de blocage ou de fin de mandat du Conseil présidentiel, la gestion du pouvoir revient au Premier ministre avec le Conseil des ministres. Il met en garde contre toute tentative de concentration excessive des pouvoirs, rappelant que l’expérience haïtienne a déjà démontré les dérives et les échecs de telles pratiques.
À l’approche du 7 février, date symbolique dans l’histoire politique haïtienne, Jean Henry Céant affirme que le pouvoir tombera de fait entre les mains du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de son gouvernement. Pour l’ancien chef de la Primature, cette étape impose une lourde responsabilité : celle de faire preuve de leadership et d’ouvrir un dialogue inclusif avec les partis politiques, la société civile, les autorités morales et la presse.
L’objectif, selon lui, n’est pas de reproduire le schéma d’Ariel Henry, mais d’assumer temporairement une situation de fait pour mieux en sortir par le haut. Il insiste sur la nécessité de bâtir un consensus national autour de la meilleure formule de transition possible, qu’il s’agisse d’une personnalité unique, d’un collège restreint ou de toute autre configuration crédible et démocratique.
Jean Henry Céant alerte également sur les risques d’élections organisées sans confiance ni consensus. Sans accord préalable sur les règles du jeu et les acteurs chargés de conduire le processus, le pays s’exposerait, selon lui, à une nouvelle crise postélectorale, prolongeant l’instabilité pour plusieurs années.
Critique envers les multiples « formules » proposées ces derniers mois, l’ancien Premier ministre rappelle que le pays a déjà perdu près de deux ans sans résultats tangibles. Pour lui, aucun acteur, y compris le CPT, ne dispose aujourd’hui de la légitimité morale ou politique pour revendiquer un maintien au pouvoir. La seule voie crédible reste celle du respect des dispositions constitutionnelles et d’un dialogue national sincère.
En conclusion, Jean Henry Céant appelle les dirigeants à dépasser les intérêts de groupe et à placer Haïti au-dessus des calculs politiques. « La priorité, c’est la stabilité et le salut national. La compétition politique viendra après », martèle-t-il, plaidant pour une conscience collective et une vision partagée afin de sortir durablement le pays de la crise.
W. A.
