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États-Unis/Israël – Iran : une « guerre d’agression » sans base juridique solide, selon l’expert John Miller Beauvoir

John Miller Beauvoir

Port-au-Prince, le 5 mars 2026.- Lors d’une intervention sur Radio Magik 9 ce jeudi 5 mars, l’expert en politique internationale John Miller Beauvoir a analysé l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et Iran. Selon lui, les arguments avancés pour justifier l’intervention militaire relèvent davantage d’une « guerre de choix » que d’une légitime défense reconnue par le droit international.

Pour l’analyste, la justification avancée par l’administration du président Donald Trump, évoquant une « menace imminente » venant de l’Iran, renvoie au concept de guerre préemptive, censée prévenir une attaque imminente. Toutefois, il estime que les preuves d’une telle menace restent floues et que l’argument nucléaire évoqué par Washington et Tel-Aviv s’inscrit dans une logique déjà utilisée lors de la guerre d’Irak en 2003. À l’époque, rappelle-t-il, l’administration américaine avait invoqué l’existence d’armes de destruction massive pour justifier l’intervention militaire, sans que ces armes ne soient finalement retrouvées.

John Miller Beauvoir considère que l’intervention actuelle s’apparente plutôt à une « guerre d’agression », menée unilatéralement en dehors d’un cadre juridique solide en droit international. Il souligne également les contradictions au sein même de l’administration américaine, certains responsables laissant entendre que l’opération aurait été précipitée par Israël pour prévenir une éventuelle riposte iranienne.

Malgré la supériorité militaire conventionnelle des États-Unis et d’Israël, l’expert rappelle que l’Iran dispose d’atouts stratégiques importants, notamment dans la guerre asymétrique. Téhéran possède une longue expérience dans la fabrication de missiles balistiques et de drones, dont le modèle Shahed-136, capables de contourner certains systèmes de défense très coûteux. Selon lui, chaque drone iranien, estimé à quelques dizaines de milliers de dollars, oblige les systèmes de défense adverses à utiliser des missiles d’interception coûtant parfois plus d’un million de dollars.

Enfin, l’analyste insiste sur la capacité de résilience de l’Iran, un pays de près de 90 millions d’habitants qu’il qualifie d’« État civilisationnel », marqué par une longue histoire politique et culturelle. Dans ce contexte, il prévient que le conflit pourrait s’inscrire dans la durée, l’Iran étant préparé depuis plusieurs décennies à faire face à ce type de confrontation militaire.

W. A.

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