Jorchemy Jean-Baptiste
Port-au-Prince, le 7 mai 2026.- Face à l’expansion fulgurante des gangs vers Marchand-Dessalines et Saint Michel-de-l’Attalaye, Jorchemy Jean-Baptiste dans un entretien accordé à Magik9 ce jeudi 7 mai, alerte sur un risque d’enclavement total du département de l’Artibonite. Pour le dirigeant politique, la survie de la transition et la tenue des prochaines élections dépendent impérativement de la sécurisation immédiate de ce «grenier du pays», désormais au bord du gouffre.
L’heure est à l’urgence absolue. Selon Jorchemy Jean-Baptiste, le département de l’Artibonite, pilier démographique et économique d’Haïti, est en train de basculer. Après trois ans d’instabilité, la progression des groupes armés menace désormais des points névralgiques : Marchand-Dessalines a vu son commissariat détruit en deux heures sans résistance, et les gangs lorgnent désormais Saint-Michel de l’Attalaye.
Si ce verrou saute, c’est tout le département qui sera enclavé. Gonaïves, le chef-lieu, se retrouverait isolé, et des zones comme Ennery tomberaient inévitablement. « Sauver l’Artibonite, c’est sauver la transition », martèle l’invité de Magik 9, rappelant que l’échec sécuritaire dans cette région rendrait toute perspective électorale caduque.
Entre volonté politique et lenteur administrative
Tout en reconnaissant une certaine volonté chez le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Jorchemy Jean-Baptiste pointe du doigt un manque flagrant de célérité. L’État ne peut plus se permettre d’attendre passivement le déploiement complet de la Force de Répression des Gangs (FRG).
L’argument est clair : focaliser les ressources uniquement sur Port-au-Prince est une erreur stratégique. Les blindés disponibles dans le département de l’Artibonite servent seulement à freiner l’avancée des gangs vers Saint-Marc. Pour l’intervenant, les moyens de l’État doivent être mis immédiatement au service de toute la population artibonitienne avant qu’il ne soit trop tard.
Modernité politique : Le MNT soutient le projet de décret électoral
Au-delà de l’urgence sécuritaire, Jorchemy Jean-Baptiste, via le Mouvement National pour la Transparence (MNT-Toutouni), se positionne sur l’avenir institutionnel. Il salue avec ferveur l’article 139 du projet de décret électoral exigeant une liste de 30 000 membres pour l’inscription des partis politiques.
Pour le MNT, cette mesure est une étape cruciale vers la « modernité politique ». L’objectif est de mettre fin aux « partis-valises » pour favoriser de véritables institutions structurées, dotées de bureaux déconcentrés et capables d’assurer la socialisation politique des citoyens. En transformant les partis en véritables incubateurs de cadres, le MNT espère sortir le pays de l’amateurisme politique actuel.
W.A.





















