Le Directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance
Port-au-Prince, le 22 janvier 2026.- Intervenant ce jeudi 22 janvier sur les ondes de Radio Magik 9, dans l’émission Panel Magik, le Directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, a révélé que cinq membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) auraient signé une résolution visant à renvoyer le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, et ce, au lendemain de la mise en garde formelle de l’ambassade des États-Unis. Il dénonce une tentative de prise de contrôle du pouvoir exécutif et appelle à une réaction immédiate des forces de l’ordre et du président du CPT.
La crise politique s’intensifie au sein du Conseil présidentiel de transition. Selon les déclarations de Pierre Espérance, Directeur exécutif du RNDDH, cinq conseillers du CPT auraient adopté une résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé. Cette initiative interviendrait dans un contexte particulièrement sensible, marqué par l’avertissement lancé la veille par l’ambassade des États-Unis contre toute modification de la composition du gouvernement.
Les signataires de cette résolution seraient Smith Augustin, Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire, Fritz Jean et Edgard Leblanc. Pour Pierre Espérance, cette démarche traduit une volonté claire de certains conseillers de s’accaparer le pouvoir exécutif, notamment dans le but de remplacer des responsables clés de l’administration publique, en particulier les directeurs généraux de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Face à ce qu’il qualifie de manœuvre dangereuse pour la stabilité institutionnelle, le responsable du RNDDH a lancé un appel pressant aux forces de l’ordre afin qu’elles prennent le contrôle de la Villa d’Accueil, siège du pouvoir exécutif, afin de prévenir toute dérive ou affrontement politique.
Pierre Espérance a également exhorté le président du CPT à s’opposer fermement à cette résolution, estimant qu’elle va à l’encontre de l’intérêt national et risque d’aggraver davantage la crise sécuritaire et politique que traverse le pays.
Ces révélations interviennent alors que la transition haïtienne est sous étroite surveillance internationale, et renforcent les inquiétudes quant à la fragilité du processus en cours, déjà miné par l’insécurité, les luttes de pouvoir et l’absence de consensus politique.
W. A.
