Le Congressman Ami Bera
Washington, le 3 août 2026.- À l’issue d’une visite en Haïti menée par une délégation bipartisane du Congrès américain, le représentant démocrate Ami Bera a estimé que les conditions actuelles du pays ne permettent pas le retour des bénéficiaires haïtiens du Statut de Protection Temporaire (TPS). Selon les informations rapportées par le Miami Herald, l’élu californien a plaidé pour une prolongation du programme jusqu’en 2029, invoquant l’insécurité, les enlèvements, la crise humanitaire et les limites des capacités d’accueil du pays.
Une récente visite en Haïti de quatre membres du Congrès des États-Unis a ravivé le débat autour de la fin annoncée du Statut de Protection Temporaire (TPS) accordé à plus de 350 000 ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis. Selon les informations rapportées par le Miami Herald, le représentant démocrate de Californie, Ami Bera, estime que renvoyer des Haïtiens dans leur pays dans les circonstances actuelles serait une erreur aux conséquences potentiellement dramatiques.
Le parlementaire faisait partie d’une délégation bipartisane conduite par le président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le républicain Brian Mast. La délégation, composée également de la républicaine Kat Cammack et du démocrate Jonathan Jackson, s’est rendue à Port-au-Prince le 27 juillet dernier, une première visite de parlementaires américains en Haïti depuis sept ans.
Au cours de leur déplacement, les élus ont constaté l’ampleur de la crise sécuritaire qui frappe le pays. Ami Bera a décrit une situation « horrible » marquée par la présence des gangs armés, les déplacements massifs de population, la fermeture de nombreuses écoles et d’établissements de santé, ainsi qu’une insécurité généralisée.
Selon le Miami Herald, plusieurs responsables haïtiens ont profité de cette visite pour faire part de leurs inquiétudes concernant la fin du TPS. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait notamment indiqué que le moment est inapproprié pour organiser le retour massif de ressortissants haïtiens. Interrogé sur la capacité de la ville du Cap-Haïtien à accueillir des déportés, le chef du gouvernement aurait répondu que la cité du Nord ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour absorber un afflux important de nouveaux arrivants.
La délégation a également rencontré le ministre de la Défense, Mario Andrésol, ainsi que le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison. Les discussions ont porté sur les défis sécuritaires auxquels font face les forces de l’ordre et sur les efforts en cours pour renforcer les capacités de l’armée et de la police.
Ami Bera s’est aussi montré préoccupé par les risques auxquels seraient exposés les bénéficiaires du TPS en cas de retour forcé. Selon lui, ces personnes pourraient devenir des cibles privilégiées pour les groupes criminels impliqués dans les enlèvements contre rançon. Il a affirmé vouloir poursuivre ses démarches auprès des autorités américaines afin de convaincre le Congrès et l’administration fédérale de prolonger le programme jusqu’en 2029.
L’élu estime qu’Haïti a besoin de temps pour organiser les élections prévues en décembre, poursuivre le renforcement de ses institutions de sécurité et créer les conditions d’une stabilisation durable avant tout retour massif de ses ressortissants.
W. A.



























