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Alerte rouge des grandes entreprises haïtiennes face à l’insécurité et à l’effondrement des infrastructures

Francesca Eugène

Port-au-Prince, le 4 mai 2026.- Invitée sur Radio Magik 9 ce lundi 4 mai, Francesca Eugène, responsable du développement marketing de la compagnie Rhum Barbancourt, a révélé qu’un groupe de grandes entreprises opérant en Haïti, dont Rhum Barbancourt, Brasserie de la Couronne, Séjourné S.A et la compagnie Comme Il Faut a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour dénoncer une situation sécuritaire et infrastructurelle critique. Ces entreprises, qui génèrent des milliers d’emplois, appellent à une intervention urgente de l’État pour éviter un effondrement économique et social dans les zones concernées.

Plusieurs entreprises majeures évoluant en Haïti tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée de leur environnement opérationnel. Lors de son intervention sur Radio Magik 9, Francesca Eugène a détaillé les grandes lignes d’une correspondance adressée aux plus hautes autorités de l’État, notamment au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Ces entreprises, pour certaines centenaires, constituent une force économique majeure avec des milliers d’emplois directs et plus de 160 000 emplois indirects. Elles contribuent également de manière significative aux recettes fiscales du pays. Pourtant, elles affirment être aujourd’hui confrontées à deux défis majeurs : l’insécurité persistante et la dégradation avancée des infrastructures.

Selon Mme Eugène, l’état des routes dans certaines zones industrielles rend tout déplacement quasiment impossible, y compris pour les forces de l’ordre. Des tranchées profondes et des voies impraticables empêchent la Police Nationale d’Haïti d’assurer efficacement la sécurité. Cette situation entrave gravement les opérations commerciales et met en péril la continuité des activités.

Face à cette réalité, les entreprises réclament des actions concrètes et immédiates. Elles demandent notamment des travaux urgents de réhabilitation routière afin de permettre un minimum d’accessibilité et de sécurité. Elles appellent également à une coordination renforcée entre les ministères concernés pour élaborer un plan d’action global.

Au-delà de leur rôle économique, ces entreprises rappellent leur engagement social historique. À travers des fondations et divers programmes, elles fournissent des services essentiels aux communautés locales, notamment en santé, en éducation et en accès à l’eau potable. Toutefois, la dégradation actuelle compromet fortement ces initiatives.

La situation a également un impact direct sur les travailleurs. De nombreux employés peinent à se rendre sur leur lieu de travail, tandis que les entreprises sont contraintes d’augmenter considérablement leurs dispositifs de sécurité.

Dans leur lettre, les signataires insistent sur le caractère urgent de la crise. Ils avertissent qu’en l’absence d’une réponse rapide et structurée de l’État, les conséquences économiques, sociales et sécuritaires pourraient s’aggraver davantage.

W. A.