Camille Chalmers
Port-au-Prince, le 26 mars 2026.- Intervenant sur Radio Magik 9 ce jeudi 26 mars, Camille Chalmers du parti Rasin Kan Pèp la a vivement dénoncé la comparution de Nicolás Maduro devant un tribunal à New-York, qualifiant l’opération du 3 janvier d’« enlèvement illégal » en violation du droit international. Il appelle à la libération du dirigeant vénézuélien et à une prise de position claire d’Haïti.
Lors de son intervention sur Radio Magik 9, Camille Chalmers a fermement critiqué les circonstances entourant l’arrestation de Nicolás Maduro, estimant qu’il ne s’agit ni d’une capture légale ni d’une procédure judiciaire normale, mais d’un « enlèvement » orchestré en dehors de tout cadre légal.
Selon l’économiste et militant politique, cette opération constituerait une violation flagrante de l’Organisation des Nations unies, du droit international et même des lois américaines. Il évoque également des bombardements ayant visé des infrastructures civiles, notamment des centres de recherche et des stocks de médicaments, causant des pertes humaines importantes et affectant des milliers de patients.
Camille Chalmers rejette par ailleurs l’argument de la lutte contre le trafic de drogue avancé pour justifier ces actions, affirmant que le Venezuela n’est ni un producteur ni une plaque tournante majeure du narcotrafic vers les États-Unis. Il inscrit ces événements dans la continuité des tensions entre Washington et Caracas depuis la tentative de renversement de Hugo Chávez en 2002.
Malgré ce qu’il qualifie de « défaite militaire », Chalmers estime que le pouvoir chaviste a résisté politiquement, évitant un effondrement du régime. Il souligne que la mobilisation internationale a été significative, mentionnant des manifestations dans plus de 200 villes ainsi que des prises de position d’organisations comme l’Union africaine et des pays du groupe BRICS.
Concernant l’audience de ce jeudi à New-York, le leader de Rasin Kan Pèp la dit espérer une décision en faveur de la libération de Nicolás Maduro, tout en appelant à poursuivre la mobilisation internationale. Il insiste sur le fait que cette affaire dépasse le cadre vénézuélien et touche aux principes fondamentaux de souveraineté et de dignité des peuples.
Enfin, Camille Chalmers a regretté le silence des autorités haïtiennes, estimant que Haïti devrait, fidèle à sa tradition historique, exprimer sa solidarité envers le peuple vénézuélien.
W. A.
