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À la CSW70, Haïti plaide pour un meilleur accès à la justice pour les femmes et les filles

La ministre Pédrica Saint-Jean au siège de la CSW à New York

New York, 10 mars 2026.- Lors de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme organisée au siège de United Nations à New York, la ministre haïtienne à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pedrica Saint Jean, a appelé à un renforcement de l’accès à la justice pour les femmes et les filles en Haïti.

Intervenant mardi à la table ronde ministérielle de la Commission on the Status of Women, consacrée au thème « Assurer et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles », la ministre a mis en lumière les obstacles qui continuent de freiner l’exercice des droits des femmes dans le pays.

Représentant Haïti devant plusieurs délégations ministérielles, elle a insisté sur le rôle central d’un système judiciaire accessible et équitable pour garantir l’égalité entre les femmes et les hommes. « Sans justice accessible, inclusive et équitable, les droits reconnus aux femmes et aux filles demeurent fragiles et les inégalités continuent de se reproduire », a-t-elle déclaré.

La titulaire du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) a également évoqué les obstacles économiques, sociaux et institutionnels auxquels se heurtent de nombreuses femmes haïtiennes lorsqu’elles tentent de faire valoir leurs droits. Les violences basées sur le genre, les discriminations persistantes et certaines failles du système judiciaire constituent, selon elle, des défis majeurs qui exigent des réponses coordonnées.

La ministre a toutefois rappelé certaines initiatives engagées par les autorités haïtiennes, notamment le renforcement des capacités des acteurs judiciaires, les campagnes de sensibilisation communautaire et la mise en place d’unités spécialisées pour le traitement des cas de violences basées sur le genre.

Ces défis s’inscrivent dans un contexte de vulnérabilité accru pour les femmes et les filles en Haïti. Selon une évaluation réalisée par UN Women, plus de 300 000 femmes et filles déplacées vivent actuellement dans des camps souvent dépourvus d’infrastructures essentielles, comme l’éclairage ou des dispositifs de sécurité. Ces conditions augmentent considérablement leur exposition aux violences sexuelles et aux agressions.

Dans ces sites, plus de la moitié de la population est composée de femmes et de filles, qui restent particulièrement exposées à l’insécurité et à des conditions de vie précaires.

Par ailleurs, les données du Gender Based Violence Sub Sector indiquent qu’entre janvier et juin 2025, 4 482 incidents de violences basées sur le genre ont été signalés en Haïti. Parmi les survivantes, 78 % sont des femmes et 14 % des filles. Les violences sexuelles représentent 57 % des cas recensés, souvent liées aux conditions de surpopulation et d’insécurité dans les camps de déplacés.

À travers cette intervention à la CSW70, les autorités haïtiennes ont réaffirmé leur volonté de promouvoir un système judiciaire plus inclusif et sensible au genre. Pour la ministre Pedrica Saint Jean, l’amélioration de l’accès à la justice pour les femmes et les filles constitue une condition essentielle pour renforcer la protection de leurs droits et favoriser l’émergence d’une société plus équitable. Reste toutefois à traduire ces engagements en réformes concrètes et en mécanismes réellement accessibles pour les victimes, dans un pays où l’insécurité, la faiblesse institutionnelle et la lenteur judiciaire continuent de limiter l’effectivité des droits proclamés.

R. J.

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