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160 000 emplois sur le fil : le cri de détresse du secteur privé haïtien

 

Port-au-Prince, le 30 avril 2026.- L’étau se resserre sur Port-au-Prince. Dans un cri de détresse sans précédent, trois piliers de l’économie haïtienne: Barbancourt, Couronne et Séjourné S.A., alertent sur la déliquescence sécuritaire et structurelle de la zone aéroportuaire. Entre routes impraticables pour les blindés de la police et menaces constantes des groupes armés, c’est tout un pan de la souveraineté nationale et plus de 160 000 moyens de subsistance qui sont aujourd’hui au bord du précipice.

Depuis les affrontements d’une violence extrême survenus entre le 18 et le 21 avril 2026, la tension est à son comble aux abords des Routes Nationales n°1 et n°9. Ce qui était autrefois le poumon industriel du pays menace de basculer définitivement sous le contrôle des gangs. Pour les directions des trois entreprises, le constat est sans appel : le périmètre immédiat de l’aéroport international Toussaint Louverture est en train de devenir un « territoire perdu », sous les yeux d’une population et d’un secteur privé aux abois.

L’aspect le plus frappant de ce communiqué réside dans le diagnostic opérationnel : la Police Nationale d’Haïti (PNH) est paralysée par l’état des infrastructures. La dégradation de la chaussée est telle que les véhicules blindés, censés protéger les points stratégiques comme l’ancien commissariat de Cazeau, s’embourbent et deviennent des cibles.

Cette « impossibilité matérielle d’intervention » crée un vide sécuritaire où les forces publiques ne peuvent même plus effectuer le tour complet de l’enceinte aéroportuaire. Sans réhabilitation d’urgence de la voirie, aucune stratégie de sécurisation ne pourra être jugée crédible.

Derrière les murs des usines, c’est un drame social qui se joue. Le poids économique de ce consortium est colossal :

  • Emplois : 2 500 postes directs et une onde de choc touchant 160 000 emplois indirects, incluant des milliers de planteurs.
  • Santé et Social : La suspension des activités de la Fondation Barbancourt laisse 1 500 patients sans soins et interrompt le soutien quotidien à 400 enfants.

L’inaction de l’État ne menace plus seulement le profit d’entreprises historiques, elle condamne des milliers de familles à la précarité absolue et prive la population de services sociaux essentiels.

« Le temps des constats est révolu. » Le message adressé au gouvernement est un ultimatum. La survie de la zone aéroportuaire dépend désormais d’une double action immédiate : restaurer la circulation pour permettre l’intervention policière et reprendre physiquement le contrôle du territoire. L’heure n’est plus à la diplomatie de couloir, mais à l’action de terrain pour éviter l’effondrement total de l’économie formelle.

W. A.